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Repenser l’anticapacitisme

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REUTERS/David Mercado Bolivie: manifestation marathon - 27/02/2012 Des centaines de personnes ayant une (ou des) incapacité(s) sont arrivés à La Paz, siège du gouvernement bolivien, jeudi 23 février après avoir parcouru 1600 km pendant plus de cent jours. Elle réclament au gouvernement bolivien une pension de 3000 bolivianos (434 $) pour chaque personne ayant une (ou des) incapacité(s
REUTERS/David Mercado
Bolivie: manifestation marathon – 27/02/2012
Des centaines de militant-es anticapacitistes sont arrivés à La Paz, siège du gouvernement bolivien, jeudi 23 février après avoir parcouru 1600 km pendant plus de cent jours. Elle réclament au gouvernement bolivien une pension de 3000 bolivianos (434 $) pour chaque personne ayant une (ou des) incapacité(s

Azul,

Pour la nomenklatura capitalisme, je suis une personne handicapée. Alors d’après le dictionnaire de monsieur Littré, une personne c’est : “Un homme ou une femme.” Jusqu’à là rien de surprenant, le plus intéressant c’est la définition que donne Littré du mot “Handicap”. En effet, d’après notre ami Émile, le handicap c’est : Un “[genre] de courses dont la distance et les poids ne sont indiqués qu’après l’engagement. […]”  JE SUIS UNE PERSONNE EN COURSE! Plus sérieusement, je comprends pas ce mot, nous devrons plutôt dire : Personne handicapante car oui les infimes et les folles/fous handicapent la société compétitive, NOUS somme un handicap pour le Capital et le capacitisme est un sous-système de discrimination à l’encontre des personnes ayant une ou des incapacités (ce que la novlangue nomme “Personnes ayant un handicap, Personnes Handicapées, Handicapés, Personne à Mobilité Réduite…”). Le capacitisme est une progéniture du système capitalisme, comme le l’hétérocispatriarcat, la suprématie blanche, l’agisme,… La société capitaliste nous nomme “handicapé-es” ou autres dérivés, c’est-à-dire perçu-e comme un obstacle dans cette société compétitive et surproductive. Donc avec des camarades anticapacitiste, on pense que se dire “personne ayant une (ou des) incapacité(s)” est mieux car 1) il y a un empowement des infimes et des fous-folles 2) et ça permet de repenser l’anticapacitisme, de se l’approprier individuellement puis collectivement. On pourrait aussi renommer notre exploit-eur-rice, oppresseur-es sociale potentiel-le car le nommer “valide” c’est accepter de nous définir “invalide” que je trouve réducteur, c’est soit un soldat incapable de continuer le service militaire ou un papier administratif non conforme aux lois donc en partant du mot “capable” on pourrait juste ajouter le suffixe -é ou -ée pour construire le nom commun : capablé-e. Un-e capablé-e est une personne sans incapacités physiques ou/et mentales.

On veut donner de l’autonomie à “l’handicapé-es” mais juste le minimum. Sérieusement qui peut vivre avec 804 € et des poussières (Allocation Adulte Handicapé) par mois ? C’est même pas le SMIC ! Le plus drôle c’est quand une personne ayant une (ou des) incapacité(s) plus ou moins grande(s) demande à vivre en logement (seul-e avec des aidant-es), l’assistante sociale de la MDPH te dit : On comprend bien mais on a peur que vous n’ayez plus de vie sociale… WTF, si je demande à vivre en appart’ c’est que j’ai envie d’un peu de solitude mais même c’est illogique, si un-e capablé-e demande à vivre seul-e, au pire on lui dire de bien réfléchir mais on va pas lui dire d’aller je sais pas où pour “apprendre à vivre seul-e” ou d’attendre 23ans (non, moi non plus, pas compris pourquoi 23ans mais l’A.S m’a sorti ça). Il y a une déresponsabilisation des personnes ayant des incapacités, quand je sors dans la rue et que je me pose près d’un banc, plusieurs personnes viennent et me demandent si j’ai besoin dire, encore ça, ça va, mais d’autres personnes demandent aux gen-te-s à côté de moi si je suis seul, pourquoi ne pas venir me voir ? (Des situations similaires me sont arrivées dans les milieux militants). Une fois, on a voulu boire une bière entre pote, rien d’extraordinaire en somme, oui mais on est 3 personnes en fauteuil donc pour ce barman, il nous fallait un “accompagnateur” car c’est la loi, comme on est très curieux, on voulait voir les textes, apparemment ils sont ” trop grands” (?)… Je tiens à préciser qu’à aucun moment, il nous a demandé nos cartes d’identités, son refus est dû uniquement à des préjugés sur des personne ayant une (ou des) incapacité(s). La déresponsabilisation des personne ayant une (ou des) incapacité(s) c’est aussi juridique quand la CAF ou la banque entre autre te “conseille fortement” de prendre une curatelle ou une tutelle; nous mettre sous l’autorité d’un-e capablé-es pour notre bien apparemment, ouais mais non merci, je préfère galérer et gérer ma vie tout seul…

Nous devons nous réapproprier la lutte anticapacitiste, la repenser en terme d’intersectionnalité, une personne ayant des incapacités issue du prolétariat vit moins bien qu’une personne ayant une (ou des) incapacité(s) issue de la bourgeoisie. Le capacitisme s’ajoute au classisme, au racisme, aux LGBTIQphobie, au sexisme, à l’âgisme, à l’antisémitisme, à l’islamophobie… Ne nous nous disions pas apolitique, prenons position, ce que les organisations anticapacitistes mainstream ne font pas (d’ailleurs font pas grand chose), nous devons nous constituer en collectifs autonomes, partager nos expériences, organiser des actions de blocus,… Nous devons faire une analyse complète et critique des MDPH, réfléchir à des nouvelles structures émancipatrices autogérée par des personnes ayant une (ou des) incapacité(s), dans les structures d’hébergement ou d’accueil du jour, nous devons participer activement à la gestion du lieu, au recrutement de personnel, nous devons remettre en cause les règlements intérieurs et reprendre nos lieux de vie en main.

Je vous laisse avec une vidéo du Collectif de Lutte Anticapacitistes qui explique avec humour le capacitisme et un texte en vers sur l’anticapacitisme radical

Anticapacitisme radical

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

J’emmerde ta pitié, non tu me verras jamais au téléthon.
Puis les dons, j’en ai jamais vu la couleur, laisses béton.
Tou-tes les infimes ne sont pas intouchables,
Mais tou-tes les capablé-es sont coupables
De capacitisme, la société est dirigée
Par eux et pour eux. Mais tout ça va voltiger.

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

Pour mieux fliquer les étudiant-es, on peut
Toujours taper dans la caisse d’insertion
des «personnes handicapées». Discours sirupeux
Mais la réalité est à l’opposé. L’humiliation
Au quotidien, l’importance de l’accessibilité
Toujours minimiser. Politique de l’irréalité.

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

Je veux pas m’adapter à la société
Mais adapter la société à notre incapacité.
Pourquoi voulez-vous que je marche ?
Chaque capacitiste, sa démarche ;
Pitié religieuse ou indifférence,
Tou-tes prisonni-er-èrs de l’ignorance.

Med’H

C’est la période des fêtes, malheureusement

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“Bonne fêtes de fin d’année”, c’est ce que cette putain d’illumination, installée là, sur la façade du Monop’ d’en face, clignote nuit et jour. Avec cette merde et le froid, je dors moins qu’avant, c’est-à-dire, pas du tout, depuis un ou deux mois mais à force on s’habitue. Chaque année, c’est comme ça. Heureusement que j’ai l’alcool pour me réchauffer, de la heinken, souvent, bah ouais, faut bien acheter à bouffer même si la vodka est mieux pour me niquer.

Tu sais, parfois je me dis que peut-être j’aurais voulu être à la place de tous ces gens qui se sont fait tuer par ces fous de Dieu, au moins personne m’aura pleuré ou regretté. Je suis encore en vie par simple lâcheté, j’ai pas le courage de passer à l’acte, c’est tout.

Regarde, ce type en costard pleins de sacs “Grand’Récrée”, ça fait des années que je le vois, toujours à la même époque, il habite pas ici évidemment. Un jour, il l’a laissé tomber, un ticket de caisse, 250 €, 250 balles de jouets… En passant devant moi, il m’a déposé 50 centimes. Mais tu vois le gaillard là-bas, il s’appelle paprika, surement un surnom, eh bin, lui, il bosse au Carrefour comme homme-de-ménage, presque tous les soirs, il me donne 5 centimes, il me ramène des produits soi-disant périmés et parfois me paye un kebab, mais surtout il me parle, c’est ça qui me retient dans cette chienne de vie, l’humanité en toute humilité.

Revenant à ces illuminations de merde, ça dois coûter la peau de cul, plus que reloger toutes et tous les clodos de France peut-être. Et dire que j’ai fêté la victoire de Hollande en pensant que la gauche avait gagnée, que les pauvres avaient gagnés, je l’ai bien au fond maintenant. J’aurais dû m’en douter, déjà avec Mitterrand… Mais je suis naïf. Je l’ai vu ces chiens de l’État, ces traitres à leur classe, comment ils agressent les migrants, comment ils essayent de casser la solidarité du quartier. Parfois ces chiens viennent, prennent notre misérable cagnotte quotidienne et se cassent, ils nous laissent même pas fumer du chichon parce que apparemment c’est interdit par la loi, oui monsieur, parait que je suis citoyen.

Un jour ou l’autre, ça pétera, le pouvoir sera véritablement aux pauvres, aux exploité-es de toujours et là, ça sera comme une seconde naissance pour toute notre classe. Si je suis encore en vie, je n’hésiterai à pas prendre les armes et à tuer ces criminels à col blanc, ces terroristes démocratiques, ces voleurs immunisés car on a tué ma vie sociale, pire, on ne m’a laissé survivre.

Le MAK : future dictature ?

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Azul,

Par où commencer, c’est tellement mesquin et consternant, un mouvement qui lutte contre une dictature et qui se comporte comme telle, c’est affligeant. Je veux bien sûr parler du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) et plus particulièrement de cet article publié sur Tamurt.info (site partisan du MAK). Cet article nommé par un titre plus qu’annonciateur “Le pouvoir veut créer un mouvement autonomiste kabyle”, déjà ce scénario est quasiment impossible.

Pourquoi un État va-t-il créer un mouvement autonomiste qui ira à l’encontre de la sacro-sainte “unité nationale” ? l’article anticipera un semblant de réponse : “Pour briser la dynamique du Mouvement pour Autodétermination de la Kabylie”, “« Les initiateurs de ce mouvement ont pour mission de couper l’herbe sous les pieds au MAK. Ils ont comme instructions de critiquer avec virulence et de s’opposer à l’actuelle direction du MAK en faisant croire qu’elle est à la solde des puissances étrangères », confie [leur] source.”

Précisons que l’article ne mentionne le nom de mouvement à aucun moment, il est juste dit que ces fondateurs sont des anciens militants du Front des Forces Socialistes, du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, des Arrouch (mouvement citoyen créé suite au Printemps Noir en 2001). A noter parmi les initiateurs un des fondateurs du MAK, en l’occurrence Ahmed Ait Bachir (oublié par le rédacteur… Ou pas).

Ce mouvement s’appelle le Manifeste Kabyle (MK), celui-ci a dés le début a déclaré par l’intermédiaire d’Ahmed Ait Bachir, qu’il ne voulait pas faire de l’ombre au MAK, c’est juste que certaines idées des uns divergent de celles des autres, il lui a proposer même une alliance que ce dernier a refusée.

Le MAK n’est pas encore au pouvoir (contrairement à ce qu’il veut faire croire ou à ce qu’il croit) et ne tolère déjà aucun autre mouvement. Il y a comme un air de “déja vu”… Ah voilà, ça me fait penser au sombre temps du parti unique après l’indépendance de l’Algérie, Je crois que la célèbre locution libertaire a sa place ici : NI DIEU, NI MAITRE !

 

Sources :

TAMURT.INFO
*
BERBERE TV

Contre la COP21 : appel international !

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Du 28 Novembre au 12 Décembre, nous nous mobiliserons à Paris contre la COP21. 195 chefs d’État, et un nombre incalculable d’industriels se réuniront pour décider de mesures inutiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En fait, il s’agira de statuer sur la quantité de pollution raisonnable que les industriels pourront rejeter dans l’atmosphère. Les nouveaux quotas de CO2 ne sont qu’un nouveau moyen pour les pays riches de continuer à s’octroyer le droit de polluer impunément.
Nous ne laisserons pas ceux qui sont les seuls responsables du réchauffement climatique et de la marchandisation du vivant tenir leur énième mascarade tranquillement !

La seule solution pour régler ce problème est la fin du système capitaliste et productiviste, pas un sommet dans une zone militarisée.
Que toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système mortifère, d’Europe et du monde, convergent vers Paris contre la COP21 !
De multiples manifestations et des rencontres auront lieu pendant la conférence. Venez avec vos propositions et votre volonté, pour créer ensemble, d’autres formes de vie en commun loin des diktats économiques.

Des lieux d’hébergement et d’accueil seront prévus, ainsi que les
actions suivantes :

  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Diverses journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action.

Assemblée parisienne contre la COP21

COP21@riseup.net
Sur Facebook : Anticop21

Original sur Paris-Luttes.info

Le Noël des exploité-e-s

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Puisque nous devons reconstruire ce Paris populaire, ce Paris de 1848, de 1871 et de 1968, ce Paris des Prolétaires. Celui-ci même que l’État a effacé de l’Histoire, et qu’il veut faire taire à coup de gentrification, modernisation…

Puisque la Place de la République est devenue depuis quelques années la place des luttes de gauche, Cette même Place qui a accueilli «L’esprit Charlie» qui était certes un élan populaire mais que la République Française a transformé en «Union Nationale». cette même République qui fout la merde et bombarde dans le Tiers-Monde mais qui ferme ces frontières aux réfugiés fuyant la guerre et venus se faire exploiter en France. Cette actuelle République se disant jaurèsienne mais qui mange à la table du MEDEF.

Puisque Noël est d’abord une fête païenne célébrant le solstice d’hiver. Parce que nous devons nous défaire du traditionnel repas de la «Sainte Famille», nous devons créer une alternative à la tradition sans sombrer dans l’action humanitaire remplie de pitié et de compassion, où celle-ci se base sur la charité en vers son prochain mais pas sur la solidarité militante pérenne.

Une scène ouverte et une collecte de vêtements sera organisé, si vous souhaitez animer l’événement, si vous êtes intéressé-e-s ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter : ahmed.hammad(at)hotmail.fr.

:

l’appel :

Salut à vous,

Parce que j’aurais rien à foutre à Noël et que les repas de famille, ça m’emmerde. J’appelle les prolos, les anars, les cocos, les femmes, les pédés, les gouines, les trans, les noirs, les arabes, les berbères, les asiat’s, les roms, les hispaniques, les clodos, les infirmes, les paumés, les punks, les drogués, les putes, les cocus, les orphelins, les alcoolos, les étrangers, les sans-papiers, les réfugiés, les apatrides, les anciens taulards (bien que j’aimerais bien que ceux de maintenant nous rejoignent aussi), les zadistes, les artistes, les poètes, les chômeurs, les smicards, les étudiants, le MFC1871, les espérantistes, les esprits des communard-e-s à nous rejoindre fêter le Noël des exploité-e-s le 24 et le 25 décembre 2015 vers 18h, Place de l’arrêt publique (république) à Paris.

Troubadour amoureux et engagé

PS : Faites gaffe aux flics !

SUR FACEBOOK

excusez-moi, j’avoue : Je suis l’auteur de L’insurrection qui vient

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Azul,

Cher-ère-s camarades, l’heure est à l’auto-dénonciation (dénoncez-vous!) donc parce que j’ai loupé MAI68, je vous avoue que :

Je suis l’auteur de L’insurrection qui vient

Le parquet du tribunal de grande instance de Paris vient de demander le renvoi en correctionnelle de huit personnes, dont trois pour actes de terrorisme, dans l’affaire dite « de Tarnac ». Une affaire lancée voilà sept ans par une opération à grand spectacle qui avait vu les forces de l’ordre cagoulées se déployer autour d’une « épicerie tapie dans l’ombre ». La défense pugnace des mis en cause et quelques enquêtes sérieuses ont permis depuis longtemps à tout un chacun de comprendre qu’il s’agissait d’une opération de communication du pouvoir sarkoziste de l’époque. Une opération que, par esprit de corps, la police et la magistrature, avec l’appui du personnel politique au pouvoir aujourd’hui, n’ont pas voulu démentir. Et quel pouvoir peut-il, de nos jours, se passer de l’antiterrorisme, ne fût-ce que pour remonter brièvement dans les sondages ?

Dans le récent réquisitoire, un acte de sabotage présumé, qui ne pouvait en aucun cas entraîner de dégâts humains, qualifié d’ordinaire comme « acte de malveillance » est devenu un acte cherchant à imposer une idéologie « par l’intimidation et la terreur ». Pour effectuer cette transmutation, le parquet s’appuie sur un livre : L’insurrection qui vient, ouvrage dont, tout en reconnaissant qu’il est le fruit d’un travail collectif, l’accusation décide arbitrairement que Julien Coupat est « la plume principale ». Et cela, contre les déclarations réitérées de l’intéressé. L’enjeu, pour les magistrats, est de créer une figure de chef, tant il leur est difficile d’imaginer une pratique politique qui s’en passerait.

Que des juges s’attribuent ainsi la compétence d’entrer dans le délicat travail de l’écriture ne peut laisser indifférent ni un auteur ni un lecteur de livres. Cela laisse d’autant moins indifférent quand on considère que l’intimidation des populations est la politique réellement poursuivie par tous ceux qui pratiquent le chantage au chômage pour imposer la paix sociale, et que la dénonciation de la « terreur » cache de plus en plus mal les pratiques proprement terrifiantes des forces armées « démocratiques » dans nombre de théâtres d’opérations extérieurs.

L’insurrection qui vient est avant tout un ouvrage, discutable et discuté, critiquant la société capitaliste. La liberté d’expression ne saurait se limiter au « droit au blasphème » : qu’un livre politique devienne la pièce centrale d’un procès où de lourdes peines de prison sont encourues, prouve de manière irréfutable qu’il s’agit bien d’un procès politique.

Nous avons le droit de dire qu’il faut transformer le monde. Nous avons également le droit de dire que, comme souvent par le passé, à l’instar de ce que rappelle l’Histoire, cela ne se fera probablement pas dans le strict respect de ses lois et règlements. Traiter en « terroriste » ce qui a trait à la révolution, ou du moins à sa possibilité, est de très mauvais augure. D’ailleurs, cela n’a pas porté chance à un Ben Ali ou un Moubarak.

L’insurrection qui vient est une expression parmi bien d’autres d’un courant de critique de la civilisation capitaliste. Si ses positions sont discutables, c’est toujours du point de vue de cette entreprise multiforme de critique du vieux monde dans laquelle je me reconnais et qui n’appartient à personne.

C’est pourquoi il me semble important de passer enfin aux aveux : le véritable auteur de L’Insurrection qui vient, c’est moi.

Premiers signataires :

Miguel BENASAYAG, philosophe, écrivain, psychanalyste
Jean-Claude BESSON-GIRARD, peintre, écrivain, fondateur d’Entropia
Jean-Christophe BROCHIER, éditeur
Jean-Pierre BOUYXOU, journaliste, écrivain, réalisateur
François CUSSET, historien, écrivain
Alessandro DI GIUSEPPE, militant antipub, comédien
Valerio EVANGELISTI, écrivain

Olivier FAVIER, traducteur, photographe, blogueur
Noël GODIN, entarteur, écrivain, acteur
Gunter GORHAN, philosophe, juriste
Dominique GRANGE, chanteuse
Thierry GUILABERT, écrivain, chroniqueur Le Monde Libertaire
Eric JOUSSE, Netoyens
Alain JUGNON, philosophe, écrivain
Stathis KOUVELAKIS, philosophe, comité central de Syriza
Bernard LANGLOIS, journaliste, fondateur de Politis
Michel LEPESANT, philosophe, Mouvement des objecteurs de croissance
Jérôme LEROY, écrivain
Maximilien LUTAUD, potier
Stéphane MERCURIO, cinéaste
Fabienne MESSICA, consultante, sociologue
Jean-Henri MEUNIER, réalisateur
Gérard MORDILLAT, romancier, cinéaste
Flavien MOREAU, dessinateur, journal satirique Zélium
Frédéric NEYRAT, philosophe
Yves PAGÈS, écrivain, éditeur
Christiane PASSEVANT, journaliste, Radio Libertaire
Didier PORTE, journaliste, chroniqueur, humoriste
Serge QUADRUPPANI, écrivain, éditeur, chroniqueur
Jean-Marc RAYNAUD, écrivain, fondateur des Editions Libertaires

Jean-Jacques REBOUX, écrivain et éditeur
Camille ROBERT, réalisatrice
Denis ROBERT, journaliste, réalisateur
Jean-Jacques RUE, journaliste, cinémas Utopia
SINÉ, dessinateur, fondateur de Siné Mensuel
Maud SINET, journaliste, correctrice
Yannis STEFANIS, revue Apatris Héraklion
TARDI, dessinateur
Grigoris TSILIMANTOS, free social space Mikropolis, AK
Samuel WAHL, journaliste, revue Cassandre/Horschamp
Dror WARSCHAWSKI, chroniqueur, chercheur au CNRS
Yannis YOULOUNTAS, philosophe, écrivain, réalisateur

Propositions pour la Kabylie

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Azul,

J’aimerais partager avec vous, quelque idée et proposition sur la Kabylie. Cette région d’Algérie était complètement autonome avant et pendant la colonisation française grâce à une organisation confédérale et tribale. Peu à peu, cette organisation a perdu son poids à cause de l’administration coloniale puis l’administration gouvernementale algérienne. Mais quelque bribe de l’ancienne organisation subsiste, comme “Tajmaεt” les comités de villages, qui se sont reconsolidés lors du Printemps Noir, de 2001 à 2003.

C’est dans cette période également qui est né le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK). Après que le Front des Forces Socialistes (FFS) ait proposé un projet d’un système fédéraliste et que le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) propose, lui, un système de régionalisation, le MAK revendique l’autonomie ou l’autodétermination de la Kabylie.

En soi, après 39 ans (maintenant 53 ans) d’indépendance de l’Algérie, ce pays où on est né-e-s et où on s’est battu, ce pays ne reconnait ni notre langue (le Tamazight et l’Arabe algérien) ni notre culture donc nous ne reconnait pas et après ces évènements où 126 jeunes ont perdu la vie, l’autonomie (ou autodétermination) est plus que jamais légitimité. Le problème avec le MAK c’est qu’il a basculé vers une sorte d’extrémisme kabyle et de xénophobie à l’égard des “Arabes” ou du moins des arabophones jusqu’au point de côtoyer la droite française et israélienne. Cet extrémisme que je condamne, peut s’expliquer. En effet, celui-ci est dû à l’oppression du peuple nord-africain, en particulier des berbérophones et des minorités non-musulmanes (Chrétienne, agnostique et athée), par ces régimes dictatoriaux arabo-islamistes.

Un autre problème c’est que le MAK n’est plus démocrate, il a créé un gouvernement qui ne représente que ses militants qu’eux-même n’ont pas élu, il n’est pas implanté partout en Kabylie. Le MAK est dans sa bulle, c’est peut-être à cause de ça qu’il est même pas connu dans certaine commune, exemple mes connaissances d’Azazga non-politisées ne le connaissent pas. Je critique que le MAK car le FFS et le RCD ne sont plus en opposition réelle au pourvoir algérien, l’un s’allie avec les partis au pourvoir, l’autre avec les islamistes.

Je disais que la Kabylie avait sa propre organisation sociale*, il faut juste l’améliorer, notamment abolir le patriarcat, les femmes doivent se constituer en comité, en suite la mettre à l’épreuve, le plus rapidement et naturellement possible, là l’autonomie viendra d’elle-même. Nous n’avons aucunement besoin d’un État ou gouvernement Kabyle, nous avons un système de démocratie directe qu’il faut, certes réformer, révolutionner mais surtout maintenir. L’autogestion est la démocratie, prenons exemple sur le Chiapas. La démocratie représentative n’est et ne sera jamais égalitaire.
Aucune révolution pérenne n’est pacifique, la violence militante est un outil contre la violence policière et étatique, il faut commencer par bloquer les bâtiments nationaux (Mairie, daïra, …) se rassembler en assemblée générale puis s’occuper des besoins vitaux (nourriture, logements, scolarité…) et créer une solidarité soudée.

Afus deg fus!

 

 

*Lire Y.ALLIOUI, Les archs, tribus berbères de Kabylie – Histoire, résistance, culture et démocratie
Editions L’Harmattan – Collection « Présence berbère »

Lycéen-ne-s, étudiant-e-s, travailleur-se-s combattons la loi macron !

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Le 10 décembre 2014, Emmanuel Macron, ministre de l’économie a proposé au conseil des ministres le projet de loi pour la croissance et l’activité : la loi macron. Le texte comportant 106 articles est une preuve de plus que le parti socialiste n’est qu’un rouage dans la machine capitaliste et libérale. Semblant s’inspirer de la devise de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus. » le gouvernement a mis en vigueur une loi permettant d’accroitre les heures de travail, tout en exploitant toujours plus les salarié-e-s. Ainsi, le patronat voit ses droits augmenter, tout en détruisant les faibles acquis sociaux encore existant.

Quels sont les principaux changements avec cette loi ?

• Le gouvernement semble vendre le travail du dimanche sur la base du volontariat, mais nous savons que l’élargissement des zones touristiques, internationales, commerciales ne permettrons pas aux salarié-e-s de choisir sous le joug des patron-ne-s. Les entreprises de tailles moyennes ne seront plus obligées d’augmenter les salaires lorsqu’une personne travaillera le dimanche.

• Les délits patronaux ne seront plus réprimés devant la justice, mais se régleront par des amendes, ce qui permettra aux patron-ne-s de commettre plus d’infractions, tant que les billets suivront. Les travailleur-ses au black et les sans-papiers ne pourront donc plus se défendre, si un patron décide de ne plus les payer ou de les faire travailler plus de 35 heures par semaine.

• Tout accord entre l’employé et l’employeur primera sur les droits du travail, permettant au patronat de fixer les règles et de faire travailler n’importe qui plus de 35 heures par semaine, de nuit et pour un salaire ridicule. « Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord »

• Au nom d’une « mise en situation en milieu professionnel » les personnes ayant un handicap pourront être appelées par le patronat, sans obligation de les rémunérer et de les embaucher par la suite, ce qui remplacera l’obligation d’embaucher un certains nombres d’handicapé-e-s.

En quoi la jeunesse va-t-elle être confrontée à cette loi ?

Les jeunes étudiant-e-s sont environ 40% à travailler, en rajoutant ceux qui sont en alternances les chiffres grimpent à 50% et si l’on compte les emplois d’été ont atteint les 70%. Ces emplois sont pour la majorité des contrats précaires, c’est-à-dire que nous serons les premières personnes touchées, avec les femmes et les sans-papiers. Il y a urgence à se mobiliser si nous ne voulons plus que nos existences se limitent à réveil, travail, dodo et que notre futur se cantonne à survivre, plutôt qu’à vivre des moments d’épanouissements personnels s’extirpant de cette logique marchande, qui réduit le plaisir au fait de consommer.

Nous appelons la jeunesse à se mobiliser au côté des travailleur-se-s, chômeur-se-s et précaires le 9 avril. Bloquons les usines, les routes, les lycées, les facultés pour bloquer l’économie et exiger le retrait de cette loi rétrograde ! Rendez-vous à 11h nation à Nation le 9 avril.

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/tract1.pdf

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/tract2.pdf

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/lycc3a9en.pdf

C’est quand qu’on va où ?

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Azul à vous !

Je pense que tout est possible quand on le veut. C’est pourquoi, depuis quelques années, je voudrais partir en voyage freestyle, c’est-à-dire en car ou en camion adapté pour fauteuil électrique (je cherche un grand véhicule à adapté). Je me dis pourquoi attendre (d’ailleurs je ne sais pas quoi attendre), on a tendance à ne pas réaliser nos rêves ou à les reporter à l’infinie donc à jamais.

Je cherche des gens assez fous/folles, peut-être des vagabonds passant par là ou des troubadours passant par-ci mais surtout des personnes impudiques car il faudra m’aider à m’habiller, me faire manger, m’emmener aux toilettes… Ne vous inquiétez pas, je suis pas en mousse, vous me ferez jamais mal.
On partira à plusieurs, minimum cinq pour aller où on veut, (waouw!!!) enfin je voulais passer par les squats et les ZADs car ça sera un voyage pour s’éloigner un peu de cette société capitaliste et individualiste (on utilisera un minimum l’argent) et découvrir des alternatives mais surtout faire des rencontres et espérons donner des idées aux autres.

Si vous êtes intéressé-e-s ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter : ahmed.hammad(at)hotmail.fr.

Merci!

A.HAMMAD