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#BoycottAnneRatier : Nous, “handicapé·e·s”, nous voulons vivre!

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Azul

Le texte qui va suivre est une lettre ouverte rédigée par plusieurs personnes en situation de handicap, j’y ai un peu participé. Merci aux autres participant-es.

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NOUS, HANDI(E)S, VOULONS VIVRE!

Lettre ouverte pour le retrait du livre d’Anne Ratier J’ai offert la mort à mon fils

Depuis les années 80, le premier mars, le Disability day of Mourning (la Journée du Deuil Handi) est célébré en mémoire des personnes handicapées tuées par leur famille. Cette journée vise à rendre visible l’ampleur d’un phénomène criminel, à garder en mémoire le nom des victimes et à contribuer à la lutte contre les violences subies par les personnes handicapées : tous les jours, enfants et adultes sont tués ou poussés au suicide par leurs familles, leurs soignants et aidants.

Quinze jours avant cette commémoration annuelle, City Editions publie le livre d’Anne Ratier J’ai offert la mort à mon fils. Elle y révèle le meurtre qu’elle a commis en 1987 sur son fils Frédéric, âgé de 3 ans. Elle veut faire de cet ouvrage un plaidoyer pour ce qu’elle appelle “l’euthanasie pour autrui” : “J’ai l’espoir que cette loi sur l’euthanasie change, que les mentalités évoluent. C’est juste mon expérience, je ne veux pas donner de leçons. Je veux qu’on prenne en compte la souffrance d’une mère où il est question d’amour”, dit-elle sur RTL le 4 février. Frédéric naît avec de graves symptômes. Anne Ratier évoque un soi-disant état végétatif. Pourtant, son fils riait. Et si son médecin de famille a décrété qu’il s’agissait d’un simple réflexe, cette affirmation nous semble hasardeuse à plus d’un titre. Ce rire est la seule évocation par Anne Ratier des émotions de son fils. Dans ses interviews comme dans son ouvrage, elle n’évoque qu’elle-même, qualifie Frédéric de “légume”, justifie son meurtre par le fait que “[sa] vie n’était pas vraiment la vie, c’était une survie, une agonie”. Peu importe le soutien, l’accompagnement, ou la qualité des centres de soins, elle “n’aurait pas agi différemment, parce que c’est sa vision des choses”. L’empoisonnement de son fils et ses trois jours sans nourriture ni eau sont présentés comme un acte d’amour, alors même qu’elle entendait ses râles d’agonie

Depuis la publication, les médias multiplient les articles de promotion du livre et les interviews de l’autrice, dans le magazine Parents le 7 février, sur France Bleu le 24 février, dans La Voix du Nord le 5 mars, le site web Handicap.frL’Essentiel et France TV Info le 6 mars, l’émission Les Terriens du Dimanche sur C8 le 10 mars, à nouveau France TV Info le 8 mars, etc. C’est la vidéo de Konbini News, le 4 mars qui devient virale sur les réseaux sociaux. La plupart des médias donnent exclusivement la parole à Anne Ratier, quelques-uns mentionnent la «polémique» dont elle à l’origine.

L’opinion publique se déchaîne en ligne, prenant massivement la défense du meurtre d’Anne Ratier; vantant son “courage” et son “sacrifice” au nom de “l’amour maternel”. L’infanticide devient une preuve de compassion et de générosité. Le meurtre serait la conséquence d’une soi-disant lucidité face à la vie et au futur de Frédéric, alors même qu’elle ne sait pas ce qu’il ressent et qu’il ne peut le décrire. Un tel raisonnement est impensable pour un enfant valide. Une telle promotion médiatique est inacceptable pour les handi(e)s.

Nous, handi(e)s, écrivons aujourd’hui cette lettre ouverte, car nous sommes choqué(e)s, blessé(e)s, scandalisé(e)s par la tournure que prend ce débat public.

Que nous soyons malades chroniques, neuroatypiques, quels que soient nos diagnostics, nos symptômes ou nos troubles, ce sont les normes d’une société inadaptée qui sont les obstacles qui nous handicapent. Nous ne sommes pas des handicapés, mais nous revendiquons le terme handi(e)s: nous luttons pour notre autonomie, pour ne plus être handicapés par la société.

Nous trouvons intolérable qu’une telle visibilité soit offerte à des propos eugénistes, sans qu’ils ne soient sérieusement remis en cause. Comment ne pas être envahis de colère, face à la médiatisation généreuse des propos d’Anne Ratier ? Elle est le symptôme d’un système institutionnel validiste qui nous exclut. Elle est le symptôme d’une culture validiste largement répandue dans tous les groupes de la société, qui nous déshumanise et refuse de nous accorder nos droits humains fondamentaux.

La publication, la circulation et la promotion de ce livre sont dangereuses. Il met en danger toutes les personnes malades et dépendantes déjà maltraitées par leurs familles, leurs conjoint-e-s ou leurs proches. Aux familles sidérées par l’annonce de la maladie de leur enfant, il laisse supposer que tuer leur enfant en raison de son diagnostic serait un acte généreux. Il légitime les infanticides d’enfants handicapés, déjà massifs. Il est dramatique et effrayant que l’assassinat d’un enfant de 3 ans soit excusé par tant de nos contemporains.

Nous ripostons déjà : nombre d’activistes handi·e·s en ligne et de proches ont publié des articles, témoignages, billets audio (écouter la chronique de Maxence) , bandes dessinées (voir le dessin de Freaks) et vidéos (voir la vidéo de Vivreavec) pour faire part de leur sidération, de leur analyse d’un tel discours validiste et de ses conséquences. Uni(e)s pour écrire cette tribune, nous réclamons un droit de réponse. Nous demandons à ce que journalistes, médias, politiques, personnalités publiques, tous et toutes lisent nos textes, écoutent notre voix, comprennent nos perspectives et relayent notre parole.

Nous sommes handi·e·s et nous parlons pour nous-mêmes, nous organisons et luttons ensemble. Depuis plusieurs dizaines d’années, les mouvements activistes handi(e)s répètent haut et fort :

Rien sur nous sans nous!

Il n’y a pas de débat possible sur la qualification de l’acte. Il s’agit d’un homicide volontaire avec préméditation sur une personne vulnérable et dépendante (voir l’article d’Elisa Rojas). Ce n’est ni une euthanasie (mort sans douleur administrée par le corps médical), ni un suicide assisté (qui est un projet intentionnel de la personne en souffrance). Frédéric vivait, riait, n’a jamais demandé à mourir (voir l’article de BlogSchizo). Il est mort après une longue agonie. Aucun diagnostic et aucun symptôme ne justifie la mise à mort d’une personne. Les parents n’ont pas droit de vie ou de mort sur leurs enfants, malades ou non. La vulnérabilité de la victime est même une circonstance aggravante devant la loi.

Quelques interventions de personnes publiques et de rares articles de journaux ne contrebalancent pas la vague de violence que nous avons subie ces derniers jours. Personne n’a le droit de nous tuer, quelle que soit la gravité de nos conditions (voir l’article de Sandro Swordfire). Celles et ceux qui, parmi nous, sont dépendant(e)s, ont des douleurs chroniques, des difficultés à s’exprimer, ne peuvent pas manger ou se tenir debout sans assistance, ont du plaisir à vivre et à nouer des relations épanouissantes avec les autres. Nos vies valent la peine d’être vécues (voir l’article d’Elena Chamorro). Certain(e)s ont été privés de cette opportunité,comme Frédéric et tant d’autres enfants tués par leurs proches ou leurs aidants en raison de leur maladie. Nous sommes en vie, et aujourd’hui, nous expliquons dans cette lettre nos critiques à ce semblant de débat et nos revendications.

On ne tue jamais par compassion ni par amour, mais par haine.

Affirmer que la mort pourrait être un soulagement pour les handi(e)s et malades relève d’une pensée eugéniste : l’eugénisme n’est pas un spectre du passé, mais bel et bien un héritage présent dans notre société (voir l’article de Dcaius). La “mort par compassion” ou Gnadentod fut la justification du meurtre par l’Allemagne Nazie de 270.000 personnes handicapées en Europe.

Nous faisons face quotidiennement au validisme. Le validisme est l’oppression exercée envers celles et ceux qui sont malades chroniques, neuroatypiques, avec des symptômes ou des troubles, avec ou sans diagnostic… Il consiste en la dévalorisation, l’exclusion, la discrimination et l’exercice de violences, au niveau personnel, politique, économique et culturel (voir aussi la brochure de Zig). Lorsqu’une société transmet le mépris et le rejet des handi(e)s, lorsqu’une société organise leur exclusion, leur discrimination, tolère les violences, alors elle nourrit la haine à leur égard, favorise les gestes et les propos meurtriers. L’idée selon laquelle une vie qui n’est pas parfaitement indépendante de toute aide et assistance extérieure ne vaut rien est une illusion : personne ne naît, ne se construit, ne survit ou ne se reproduit seul. Nous sommes interdépendants. Chaque être humain peut devenir dépendant du jour au lendemain, ou au fur et à mesure du vieillissement. L’intégration et l’autonomie des handi(e)s concerne toute la société.

Nous voulons bénéficier d’assistance, d’aides, de soutien, de moyens matériels – comme ceux qui ont permis à Stephen Hawking de mener sa vie en pleine autonomie, mais malgré le validisme. Nous méritons d’accéder à une telle autonomie et de bénéficier de tels soutiens, nous avons le droit à ce que notre environnement s’adapte à nous, pour nous permettre de vivre la vie que nous voulons, banale, aventureuse, tranquille ou ambitieuse.

Les violences et discriminations que nous subissons.

Ce ne sont pas nos douleurs, nos limitations, nos maladies ou nos diagnostics qui nous empêchent de bien vivre : ce sont les discriminations et violences que nous subissons. Les enfants handicapés sont victimes d’abandons, de violences et d’assassinats – au sein du cercle familial, par les soignant(e)s et les aidant(e)s (voir le rapport du 3977 et l’article du Collectif-citoyen-handicap). Nombre d’entre nous en ont fait l’expérience et y ont survécu. Nous sommes plus souvent victimes de violences, en particulier sexuelles, que les personnes valides (voir le rapport de FDFA). Nos accès à la scolarité, au logement, au transport, à l’emploi, à la protection juridique et aux soins sont très complexes ou impossibles. Nous subissons une grave précarité économique et devons couvrir plus de besoins avec beaucoup moins de revenus. On nous contraint à vivre dans des institutions, on nous rend économiquement dépendants de nos conjoints. Nous passons notre vie à nous faire reprocher notre existence, apprenons très tôt à courber la tête et à subir en silence. Nous vivons dans une société qui estime que nous devrions éprouver de la gratitude d’être en vie. Nous ne sommes pas représenté(e)s, ni en politique, ni dans les médias – à l’exception des freak shows du Téléthon et des Jeux paralympiques qui sont mis en scène et commentés comme des parades. Lorsque nous sommes représenté(e)s dans les actualités ou dans la culture populaire, c’est systématiquement sous la forme de stéréotypes manichéens. La parole des activistes handi(e)s est très peu, voire pas du tout relayée.

Beaucoup pensent que nous serions mieux en institution, dans des lieux où tout est fait pour s’occuper de nous, à l’écart des personnes “normales”. Anne Ratier décrit à raison les conditions d’hébergement en institution comme déplorables. Comme le dit si bien le CLHEE (Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation) : “l’institutionnalisation constitue une ségrégation sociale et spatiale inacceptable. Elle rend impossible pour les personnes handicapées l’exercice plein et entier de leurs droits. Elle porte atteinte à la liberté des personnes handicapées, contraintes de vivre en institution faute d’alternative, dont la vie quotidienne se trouve régie et contrôlée par des professionnels du secteur médico-social. Par son fonctionnement en vase clos et la faiblesse des contrôles extérieurs, l’institutionnalisation favorise les situations d’abus, d’exploitation salariale, d’atteintes à la vie privée et de maltraitance des personnes handicapées.” Catalina Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des personnes handicapées, a rendu récemment un rapport prenant acte de l’état catastrophique de leur prise en charge en France, où s’accumulent les maltraitances, et demande la fermeture progressive de toutes les institutions – c’est une question de respect de nos droits humains fondamentaux (voir aussi ses observations préliminaires).

Nous luttons pour l’autonomie de tous et toutes – l’accès à un logement autonome et adapté en est une condition nécessaire, contrairement à ce que propose la loi ELAN. Une Allocation Adulte Handicapé non alignée sur les revenus du conjoint, d’un montant suffisant, est tout autant nécessaire pour lutter contre les violences domestiques et conjugales envers les personnes handicapées. Nous voulons un système scolaire adapté à tous les troubles et maladies, sans être mis(es) à l’écart. Nous réclamons des services de proximité fournissant l’aide technique, humaine, psychoéducative, médicale, et financière nécessaire. Nous voulons des prises en charge médicales décentes pour toutes et tous. Nous luttons pour une société qui cesse de nous exclure, qui nous représente tels que nous sommes, et surtout, qui nous donne la parole.

A propos de féminisme

Au cours de ces derniers jours, nous avons mené de nombreuses discussions à propos de féminisme. De nombreuses personnes ont voulu modérer nos critiques, avançant l’argument du contexte patriarcal dans lequel Anne Ratier a commis ce meurtre prémédité. Un contexte où la charge des enfants est presque exclusivement portée par les mères. Elles bénéficient de très peu d’aide extérieure, qu’elle soit financière, matérielle ou d’assistance – alors même que les pères sont les premiers à abandonner leurs enfants handicapés en jeune âge. Nous dénonçons la solitude et la détresse dans laquelle sont laissés les parents d’enfants handicapés, et plus encore les mères (voir les témoignages de Ange La et d’Amélie). Nous dénonçons leurs difficultés lorsqu’ils et elles veulent garder leurs enfants en famille, l’inaccessibilité de l’assistance et les embûches à la scolarisation. Nous dénonçons surtout la façon dont le corps médical aborde la maladie d’un enfant : depuis le diagnostic prénatal contraint, en passant par les injonctions à avorter en cas de diagnostic positif, jusqu’aux affirmations souvent sans fondement que l’enfant est “de toute façon condamné” à mourir jeune. De nombreux médecins voient une maladie incurable comme l’échec de la médecine, à contenir et éradiquer à tout prix. Nous dénonçons ce validisme social et médical – mais rien de cela ne minore la gravité du crime des parents infanticides. Nombreuses parmi les rédactrices de ce texte sont féministes autant qu’elles sont anti-validistes, et le répètent haut et fort : condamner des infanticides n’a rien d’antiféministe.

Les personnes désirant un enfant doivent savoir que mauvaise santé, limitations, troubles et maladies chroniques sont normaux et beaucoup plus fréquents qu’elles ne le croient – qu’importe que ceux-ci se manifestent à la naissance ou plus tard. Rien de tout cela ne justifie les reproches, les mauvais traitements, l’absence de soin, les violences ou la mort. Il s’agit de responsabilité parentale : Si il est hors de question de remettre en question le droit à l’avortement, tout comme à un avis médical scientifique et rigoureux, un infanticide est inacceptable.

Nous ne nous laisserons pas passer pour des antiféministes, traditionalistes ou conservateurs.

Nous sommes handi(e)s et en colère.

Nous combattons les discours eugénistes soi-disant compatissants.

Nos revendications sont claires et à portée de main: Donnez toujours la parole aux activistes handi(e)s, lorsque vous parlez maladie, handicap ou troubles psychiques – non pas pour traiter nos souffrances de manière voyeuriste comme les médias y excellent souvent, mais parce que nous sommes seul(e)s expert(e)s de nos vies. Trop souvent, vous vous contentez de donner la parole aux institutions, aux médecins et aux familles, dont les points de vue sont souvent biaisés et reproduisent des schémas validistes sous l’apparence de la compassion et du sacrifice.

Nous demandons aux médias et journaux qui ont fait la promotion du livre d’Anne Ratier de diffuser par les mêmes canaux cette lettre ouverte, comme un droit de réponse de la communauté handie.

Nous demandons aux librairies et aux bibliothèques de retirer ce livre de leurs rayons.

Nous vous invitons tous et toutes à lire les textes et regarder les vidéos réalisées par les activistes handi(e)s, àdiffuser nos travaux, à nous inviter à vos émissions, conférences, rencontres, interviews, à recourir à nos expertises.

Surtout, ne laissez pas les institutions sociales ou de soins, les médecins, les familles, prendre la parole en notre absence.

Plus jamais rien sur nous sans nous !

Les rédacteurices et signataires:

  • melitruc, activiste

  • Parmi les récits, militante antivalidiste et vidéaste handicapée

  • Lin

  • Vivre Avec, vidéaste malade chronique et activiste antivalidiste

  • cerridwencreations : future éducatrice spécialisée  et artiste

  • WonderRoulettes, Twittos handi et militante antivalidiste

  • Adrien du Patelin, Vidéaste pop-culture et militant antivalidiste

  • AcideEthanoique, twittos et dessinateur autiste

  • Maumivu1, TSa Et malade chronique

  • Zoée Perochon-de Jametel, Lycéenne handi et élue représentante lycéenne

  • Elian, artiste transgenre

  • Ambre, militant.e et handi.e

  • Olivier Nourry, allié, atteint de maladie chronique

  • @WonderWheelYtb videaste, militante, atteinte du SED

  • Lana, autrice de Blogschizo

  • Ahmed H. “Med’H”

  • Celine Extenso, tétraplégique, handi-féministe

  • Freaks, illustratrice polyhandicapée & malade chronique

  • association Handi- Social Odile MAURIN

  • CLE autistes (collectif et association de personnes autistes)

  • Thibault C.,militant Autiste

  • Sylvaine M., Militante autiste

  • Amélie T., auteure et militante autiste

  • Sandro Swordfire, bloggeur et entrepreneur handicapé

  • Angela, mère d’un enfant polyhandicapé

  • Mélie étudiante et handie

  • @reveluvie7, malade chronique

  • Angélique, autiste, étudiante et vidéaste

  • Leila H. , polyhandicapée , militante creatrice de la page Social Justice Warlock

Les soutiens:

  • Cordélia, autrice et booktubeuse queer et féministe

  • Mathieu Rigouste, sociologue et essayiste)

  • Grace Ly, autrice

  • Pierre Brasseur, Sociologue

  •  Lucie Nayak, sociologue, chercheuse postdoctorante Inserm-CESP

  • Marie Rabatel présidente de l’association des femmes autistes

  • Julie Dachez, Docteure en psychologie sociale

  • Fabienne Cazalis, chercheur en sciences cognitives, CNRS

  • Laurent Mottron, Psychiatre, chercheur en neurosciences

  • Simonae Magazine féministe destiné à toustes

  • Collectif feministes vs cyberharcelement

  • Licarion Rock, vidéaste

Les Z’handi en Colère montent à Paris !

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Appel en PDF

NOUS APPELONS A UNE GRANDE MOBILISATION
DEPUIS PARIS OU LA PROVINCE, CONVERGEONS ENSEMBLE VERS :
LE FORUM DES HALLES, 75001 PARIS, Châtelet-les-Halles, Porte Lescot le 09 mars à 14h00.
Dans la continuité du mouvement des Gilets Jaunes et avec le soutien de celles et ceux qui le souhaitent.

Parce que nous voulons en finir avec le modèle médical du handicap, qui fait de nous des objets de soins !
Parce que nous voulons en finir avec le système capacitiste-validiste de notre société, qui nous exclue !
Parce que nous voulons en finir avec la ségrégation et la violation des droits humains en institution* !
Parce que nous voulons un modèle social du handicap, afin d’être
considéré·e·s en tant que sujets de droits ! Nous exigeons le respect strict de la Convention des Droits des Personnes Handicapées de l’ONU !
Parce que nous voulons d’une société qui inclue réellement l’humain
dans sa diversité. Nous exigeons la suppression de toute norme pensée sur un modèle de capacités et de performances !
Parce que nous voulons en finir avec le capitalisme et les politiques
réactionnaires qui organisent notre dépendance et notre précarité avec la complicité d’associations gestionnaires qui confisquent notre parole.
Et parce que nous voulons la désinstitutionnalisation, pierre fondatrice de la lutte contre les discriminations fondées sur des incapacités. Nous exigeons tous les moyens nous permettant d’accéder à une vie autonome, pour toutes et tous !

RIEN POUR NOUS SANS NOUS !
*comme l’a souligné la rapporteure de l’ONU en visite en France

Pensez à prendre des pancartes si vous en avez !
Le Forum des Halles est accessible par le METRO Ligne 14 (accessible en fauteuil roulant) Arrêt “CHÂTELET”. Vous pouvez ensuite rejoindre le Forum en empruntant la rue des Halles.

MOBILISATION A L’APPEL D’HANDI-SOCIAL, DU CLHEE, DU CLAC, DE CLE-AUTISTES

Réflexion sur le capacitisme

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Le triangle noir symbolisé les personnes asociales chez les nazis, Un collectif anticapacitiste anglais, le : DPAC (Disabled People Against Cuts) l’a intégré dans son logo. Je penses qu’il faut l’adopter comme symbole de la lutte anticapacitiste.

Texte initialement publié  sur le site du FUIQP le 28 mars 2017 et modifié en février 2019 pour la formation politique “introduction à la lutte anticapacitiste” que j’ai présenté sur invitation de la Zone de Solidarité Populaire 18e.

Définition :

Capacitisme : un système d’oppression et d’exclusion des personnes ayant des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables et se construisant par une société normative qui créé des situations de handicap via son environnement, son fonctionnement.

Personne ayant des incapacités est une personne ayant des déficiences psychologique, physiologique et/ou anatomique.

Personne en situation de handicap est une Personne ayant des incapacités qui du fait des inadaptations de la société et de la norme sociale se retrouve “exclues” de toute participation à la vie sociale.

Valide/validé-e/capablé-e est une personne qui n’a pas de situation de handicap. (Ayant des incapacités ou pas.)

Donc on a des déficiences qui causent des incapacités. Puis du fait de l’inadaptation de la société, celle-ci créé des situations de handicap.

 

Le capacitisme est basé sur le système capitaliste, l’ergothérapie s’est développé pour réadapter nos corps à travailler(1.). On cherche à exploiter et rentabiliser nos corps le plus possible et si on est peu ou pas performant-e, on est « exclu-es » de la société. L’adaptation de la société coûte de l’argent donc on nous enferme en institutions-ghettos.
Le capitalisme est lui-même majoritairement responsable de nos déficiences/incapacités, quand on pousse les personnes au rendement et à la productivité, ça fabrique des déficiences/incapacités, accidents de travail mais aussi des erreurs médicales qui engendre deq déficiences/incapacités.
Je ne distingue pas le Capital de l’État-Nation ; Les violences policières, la dépendance aux drogues, les violences classistes, racistes, celles fondées sur l’orientation sexuelle qui fabriquent des déficiences/incapacités existeront tant que le Capital-Etat-Naton existera.

Généralement les collectifs en France, les organisations de personnes ayant des incapacités physiques nomment les oppressions qu’elles subissent en tant que validisme. Il y a deux choses qui me dérange. La première c’est justement ce mot est utilisé (majoritairement) par les organisations de personnes ayant des incapacités physiques, les organisations de personnes ayant des incapacités mentales préfèrent le terme de psychophobie (rarement de validisme, encore moins de capacitisme.) La deuxième raison est aussi la raison de l’invention du néologisme capablé-es, si on dit validisme ou valide, on conclu qu’il y a invalide. Qu’est-ce qu’invalide ? Un truc ou un militaire qui ne sert plus et ne servira plus. C’est pas pour nous glorifier mais j’estime qu’on sert à quelque chose, au moins à emmerder l’Etat. Pendant une discussion avec les camarades du Collectif de Lutte AntiCapacitiste, une camarade nous a proposé les termes validé-e/invalidé-e, sous-entendu par la société.
Bien entendu, le concept de « Validité » est comme les concepts de « sexe » ou de « race », un concept sociale, construit par la société.

Je préfère me dire « personnes ayant une ou des incapacités » car premièrement il y a empowerment, nous nous nommons pour mieux penser nos luttes,ça permet de repenser l’anticapacitisme, de se l’approprier individuellement puis collectivement, je me dit en incapacités, il y a des choses que mon corps/cerveau ne peut pas (pour certain-ne ne pourra jamais), est incapable, de faire mais je peux faire d’autres choses, il faut seulement que la société s’adapte à mes incapacité. Beaucoup de personnes pensent que le handicap c’est, par exemple le fait de pas marcher. C’est absolument pas le cas, le fait de pas marcher, voir, comprendre « facilement » etc. c’est des incapacités. Le handicap est un obstacle mis par cette société normative. En Espagne, ielles parlent de personne avec des diversités fonctionnelles pour parler des personnes ayant des incapacités, ça me pose problème. Pourquoi les personnes qui ne sont pas en situation de handicap, on les considère qui sont sans diversités fonctionnelles ?

On peut (comme dans les autres oppressions) distinguer 2 formes de capacitismes :

Institutionnel : c’est les bâtiments officiaux pas totalement (ou pas de tout) accessible, le métro non plus sauf les dernières lignes (je l’ai jamais pris seul), le bus, si la/le conduct-trice-eur à la flemme de sortir la rampe, ielle se barre. C’est notre déresponsabilisation, on est financièrement dépendant-e de notre tutelle jusqu’à 20 ans, (l’allocation des adultes handicapés (860E maintenant) est accessible qu’à 20 ans mais si t’es marié-e ou vis en couple, t’as presque plus rien), si tu vas avec un-e accompagnant-e à un rendez-vous extraloisir, médical ou administratif, la grande majoritaire des personnes parlera uniquement à l’accompagnant-e. C’est le fait de signer, quand t’as pas la capacité physique de signer, on te conseille d’être sous curatelle ou tutelle c’est-à-dire nous remettre sous l’autorité d’un adulte donc redevenir mineur-e. Il y a capacitisme à l’embauche aussi.
C’est le téléthon. Importé des USA, depuis 1987, le téléthon événement caritatif organisé le premier week-end de décembre par l’Association française contre les myopathies (AFM) avec l’aide de France Télévision et Lions Clubs International dans le but de financer des projets de recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires (myopathies, myotonie de Steinert) essentiellement, mais aussi sur d’autres maladies génétiques rares.
Le téléthon utilise nos corps et nos vies pour émouvoir le public « valide » qui lâchera des euros plus facilement. Pendant tout un week-end, des histoires individuelles de personnes concernées défilent sur France Télévision, représenté comme des leçons de vies, des personnes inspirantes, tout en dramatisant le handicap (créé par la société normative).
Le handicap c’est tellement triste, soit on le subi donc on en est victime, soit on le dépasse et on devient des Héro-innes ! Notre but dans la vie est évidemment c’est la guérison, c’est pas du tout être autonome, étudier, voyager, fonder une famille ou pas, vivre tout simplement. Guérir, devenir normal-e !
Ce n’est pas nos déficiences/incapacités qui nous handicapent mais la société capacitiste et son environnement. Sur les réseaux sociaux, on trouve le même phénomène mais pour avoir des likes qui “aideront la personne à guérir”. C’est aussi le cinéma, exemple de deux films qui été loin de la réalité. Intouchable et Avant Toi, je vais commenter vite fait le second. Alors c’est l’histoire d’un banquier qui, suite à un accident, devient infime et veut se suicider et d’une joyeuse prolo qui devient son auxiliaire de vie, ils deviennent amoureux, il voyage, c’est mignon mais vaut mieux être capablé-e et pauvre qu’infirme et riche apparemment car le banquier se fait euthanasier avec l’aide de sa bien-aimée auxiliaire de vie… C’est magnifique, non ? Un film fait par des capablé-es d’après un livre écrit par une capablée, joué par des capablé-es pour émouvoir majoritairement des capablé-es sur une riche personne ayant des incapacités… J’ai vachement envie de m’identifier au personnage. Bien évidemment certain-es personnes ayant des incapacités veulent mettre fin à leurs jours mais c’est, majoritairement, parce que la société, leur famille, leur environnement leurs font comprendre qu’ielles n’auront jamais de famille, d’enfants, qu’ielles seront toujours tristes et seul-es. Alors ça peut passer du complexe du dominé-e en passant par un mépris de soi jusqu’au suicide.

La volonté de se suicider est semblable à celle de guérir, devenir normal-e découlent d’une même cause : Notre société est faite par des capablés pour des capablés..

Personnel : Alors j’ai envie d’ajouter deux sous catégories parce que il y a les capacitistes décomplexé-es qui nous insultent, nous volent et violent parce qu’on peut pas ou difficilement nous défendre.
Il y a les capacitistes ignorant-es qui nous parlent avec un vocabulaire pauvre et se baissent pour se mettre à notre hauteur (comme si on avait 3ans). Dehors on demande (à moi et aux personnes autour) souvent si je suis seul comme si c’était extraordinaire, d’ailleurs en manif on dit presque toujours que c’est courageux de venir, alors que non, je fais juste comme les autres camarades. Certaines vidéos ou images sur internet nous utilisent pour motiver la/le capablé-es avec comme message (direct ou indirect) : ielle peut faire ça alors pourquoi pas toi. Ou encore : regardez, c’est un handicapé et il est heureux alors profitez de la vie (et taisez-vous). Quand un-e cabablé-e est face à une action faite par une personne ayant des incapacités, sa réaction sera exagérée, hyperbolisée. Exemple : devant une œuvre faite par une personne ayant des incapacités, la/le capablé-e se demandera si c’est vraiment la personne ayant des incapacités, l’auteur-e puis commencera à glorifier cette personne, à la pleurer et pensera que c’est « vraiment dommage qu’elle soit handicapée ». Cette exemple est valable pour une compétence sportive, un certain niveau de culture et même pour la beauté, «ielle est belle-beau MAIS c’est un-e handicapé-e ». Fanon disait à peu près ça concernant les personnes noires. Plusieurs fois, des personnes m’abordent et me font «Moi aussi j’ai un cousin handicapé.» c’est sympa mais, la vérité, je m’en fout. C’est le même genre de phrases que : «j’ai un-e ami-e noir-e ».
Le capacitisme ignorant c’est traiter même gentiment un capablé-e de malade, handicapé-e, taré-e, dingue, mongole, schizo, infime… Ou l’éternelle bêtise de dire qu’on est tout-tes un peu différent-es, dire ça c’est ignorer le système capacitisme.

Sur le plan des revendications anticapacitistes, il y a les traditionnelles : accessibilité des espaces publics et privés pour toutes les personnes, revalorisation de l’Allocation Adulte Handicapé, la non-prise en compte du salaire de la ou du conjoint-e dans pour définir le montrant et de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

La désinstitutionalisation est probablement notre lutte principale :
Fermeture des hôpitaux psychiatriques car c’est des prisons psychologique et toutes prisons est inhumaine donc à abattre. Il y a des alternatives qui marchent, des centres communautaires désinstitutionnalisés comme en Espagne qui s’exerce dans l’environnement des individu-es en mêlant justice sociale et solidarité en fixant comme objectif l’empowerment des concerné-es. Comme en Italie où en 78 avec la loi 180 ou loi Basagilia, on a tout simplement fermé les HP à la place des appartements médicalisés, des auberges, des foyers, des centres de jour, et des coopératives gérées par les patient-es.

Du 3 au 13 octobre 2017, une Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les droits des personnes handicapées était en visite en France, elle s’inquiète, entre autres « qu’environ 100,000 enfants et 200,000 adultes handicapés résident dans des institutions de toutes sortes» . Les institutions doivent être totalement fermée, L’État doit tout mettre en place pour qu’on vive de manière autonome. Il faut savoir que les structures où certain-es d’entre nous vivre, on infantilisent les résidant-es, c’est horrible. Dire (hurler) à une personne de 20-30-40 ans, d’aller bouffer, chier ou dormir. La ridiculiser devant ses ami-es, interdire à un couple de juste dormir ensemble. C’est inhumain. L’inhumanité c’est aussi interdire les rapports amicaux, amoureux et encore plus sexuel entre un-e résidant-e et un-e salarié-e. Alors on justifie cette connerie par la peur qu’il y est une préférence entre résidant-e mais on préfère toujours quelqu’un à un autre, un-e salarié-e préfère toujours un-e résidant-e à un-e autre et inversement. Donc c’est un faux prétexte, s’il doit y en avoir un.
Aujourd’hui la CNSA (Caisse Nationale pour la Solidarité et l’Autonomie) reverse 82% de son budget (chiffre 2018) aux institutions-ghettos, (Je cherche toujours à comprendre pourquoi, si vous voulez c’est comme si l’ancienne allocation temporaire d’attente qui était versée aux ex taulard-es était à 80 % reversée aux prisons). Donc cet argent doit exclusivement servir à financer la PCH.

L’assistance sexuelle, grand débat au sein même des militant-es, certain-ne sont pour d’autre non. Perso je suis pour. Ici, L’Association Pour la Promotion de l’Accompagnement Sexuel définie l’Assistance Sexuelle comme «une solution permettant à des personnes en situation de handicap d’avoir accès à une vie intime, sensuelle et/ou sexuelle. ». De la prostitution réservé aux personnes en situation de handicap.
En décembre j’étais à Barcelone, iels distinguent l’assistanat sexuelle de la prostitution. L’assistance sexuelle est définie comme une aide pour la personne ayant l’incapacité de se masturber ou seulement toucher son corps.
Je suis plus proche de la définition espagnole, (la française nous marginalise plus qu’autre chose) par contre je considère l’AS comme de la prostitution donc, je pense, il vaut mieux d’abord légiféré/légalisé la prostitution et ensuite débattre sur l’AS.

Je suis pour l’autogestion des MDPH,actuellement elles servent à approuver les allocations et leur montant, à approuver l’entrer des personnes dans les différentes établissements, à financer les fauteuils et autres matériaux. Les MDPH sont aujourd’hui gérées essentiellement par les capablé-es.

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1. “Dans ces centres, par l’ergothérapie, la recherche de possibilités gestuelles sur le plan professionnel et leur perfectionnement, sont prioritaires sur la scolarité et la socialisation. Le développement intellectuel est stoppé, et les I.M.C. sont préparés à occuper des postes de conditionnement ou automatiques, soit en atelier protégé pour les plus rentables, soit en centre d’aide par le travail pour les autres, les plus aliénés à la tâche.” In Infirmités et inadaptation sociale : pour une étude socio-politique de l’intégration des handicapés dans la société capitaliste de Jean-Marc Bardeau

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Livres :

Infirmités et inadaptation sociale : pour une étude socio-politique de l’intégration des handicapés dans la société capitaliste de Jean-Marc Bardeau.

Babette handicapée méchante de Elisabeth Auerbacher.

Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem.

 

Documentaires :

Bon Pied, Bon Œil et toute sa tête de Gérard Leblanc avec le Comité de Luttes des Handicapé.

Yes, We Fuck! de Antonio Centeno et Raúl de la Morena.

Le Mur de Sophie robert.

 

Collectifs/organisation :

Collectif de Lutte AntiCapacitiste (CLAC)

Handi-Social

Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation (CLHEE)

Collectif Anticapacitiste du Pays de Morlaix

Formation Anticapacitiste

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L’image contient peut-être : texte
Formation anticapacitiste La Zone de Solidarité Populaire vous propose une formation politique “introduction à la lutte anticapacitiste*” présenté par Ahmed, militant anticapacitiste, habitant du 18e. Le 6 février 2019 à 19h00 à la Salle Saint Bruno. (9 Rue Saint-Bruno, 75018 Paris) Soyez bienvenues ! *Capacitisme : Système d’oppression et d’exclusion des personnes ayant des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables.

Accès bus 56 ou 31, arrêt Château Rouge

Bonne année de lutte 2018

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Bonne année 2018 du calendrier grégorien. Voilà une année de plus qu’on a réussi à atteindre, félicitons-nous. Mais y’a que l’année qui change, notre vie est la même, certain-es des nôtres sont parti-es, d’autres sont né-es, la Terre s’en fout, elle tourne toujours tant que l’Humain le lui permet. Le riche s’enrichie, le pauvre s’appauvrie. Le patron exploite le prolo qui le nourri mais l’appelle “l’assisté”,  le gouvernement s’offre à la bourgeoisie, le racisme, le LGBTQQIP2SAphobie, le sexisme, la capacitisme, le classisme nous épuisent parfois jusqu’à la mort, les frontières sont verrouillées, la méditerranée pue la lâcheté de l’Occident et les cimetières marins s’agrandissent, la police tue et la justice acquitte. Mais les nôtres nous soutiennent, leurs amours nous donnent la force de continuer la lutte, Baumont-Sur-Oise nous prouve que dans les quartiers, la solidarité n’est pas un concept idéologique, un vain mot que les politicien-nes emploient en lui accolant l’adjectif « citoyenne ». Le citoyennisme est l’ennemi de la lutte des classes ! Y’aura jamais de solidarité entre un patron et ses travailleur-ses, entre un flic et un gars de quartier, entre un mec de Neuilly et un autre de Barbès ou ça sera une solidarité de surface, pour faire jolie sur la photo.

Mes vœux ? Grève générale, Bal(les) populaire à l’Elysée, réquisition des logements vides, occupations des bureaux de l’APF comme en 73,  destruction du musée colonial du quai Branly et transfert des œuvres aux pays d’origines, méchoui halal au MEDEF, ouverture des frontières, autogestion des MDPH, un système scolaire égalitaire, des bourgeois acéphales, des prisons en feu, la répartition des richesses, l’indépendance des colonies, la mort du Capital, la Commune… Bref la révolution !

En attendant prenons soin de nos proches et de nous, organisons la solidarité de quartier, gardons le poing serré. Que notre amour pour les nôtres égale notre haine de l’Oppresseur. Créons l’étincelle qui embrasera leur monde ! Et surtout adapte la barricade, Camarade !

TPMP “spéciale handicap” ou comment se racheter une réput’?

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Alors déjà quand  ils ont annoncé cette émission il y a un mois, j’ai tout de suite grincé des dents connaissant le mec. L’émission est présentée comme “spéciale handicap”, j’attends une spéciale femmes, une spéciale racisé-es. Non, sérieux, pourquoi faire une émission “spécial handicap”, si c’était pour la promotion de l’emploi des « personnes handicapées », pourquoi Hanouna n’a aucun-e chroniqueur-se ayant des incapacités habituellement ? Pour se redonner bonne image ?

J’ai à mes risques et périls, regardé le replay de cette émission (2 fois). Donc on commence !

Le Before
Déjà pour cette émission, il y a une traduction en langue des signes française (LSF) donc les autres émissions c’est uniquement pour les capablé-es, bien compris. La présentation des chroniqueur-ses du jour : Vincent Vinel, finaliste mal-voyant de The Voice 6, Philippe Croizon, athlète, écrivain et animateur radio, Jérôme Lambert, adjoint administratif chez les flics, Sonia Bazzichi, une téléspectatrice, Malik Bidois, rappeur, hôte accueil mairie, Julien delamorte, cadre à la Société Générale (ils ont oublié de dire qu’il est aussi Délégué national au handicap pour Debout la France),  Marian Giacomoni, analyste programmeur, Carl Hakkakian, étudiant en physique-chimie, membre de l’asso Medias Handicaps (mais aussi ambassadeur téléthon),Nadjet Meskine, joueuse de foot-fauteuil et première “miss Monde sourire en fauteuil roulant” (bon sujet pour un article) et Mehdi Belbachir, Président de l’Association Indépendance et Solidarité
Alors dés le début, le présentateur est mal-à-l’aise devant le terme “émission spéciale” : «Merci d’être avec nous à Touche Pas à Mon Poste spécial, ce soir… Enfin Touche Pas à Mon Poste parce qu’on a envie d’être normal…». Il enchaîne vite sur la présentation des chroniqueur-ses, dit qu’il va les charrier comme les autres. En vérité, pas besoin, ils se vannent eux-même, Croizon commence ses blagues sur son physique et celui de Lambert, quand il dit que Lambert est veinard car il lui reste encore trois membres sous le regard d’un Hanouna semi-déconcerté, on voit qu’aujourd’hui, il sera calme, tout mignon. Évidemment entre nous, on se vanne, parfois même c’est horrible ce qu’on se dit donc perso je me retrouve dans ce moment même si en soit c’est nul. Mon problème c’est qu’ils ont fait que ça, ils ont reproduit le préjugé de la personne ayant des incapacités apolitique, inspirante pour les capablé-es, Quand arrive le tour de présentation de Bazzichi, je commence à m’énerver, pourquoi cet infantilisation alors il le dit lui-même, elle a 46ans !!! Elle plus agée que lui ! Et vas-y qu’il dit qu’elle « est comme une folle », si quelqu’un peut lui dire que cette phrase est capacitiste, ou sinon qu’il me donne sa définition de folie. Après il lui demande si elle veut qu’il vienne lui « faire un p’tit bisou pour te mettre en confiance » sans raison avec ce qu’elle lui dit. Quand il lui dit qu’elle « a le même petit carré qu’Agathe Auproux » elle pige pas (ni moi d’ailleurs, j’avais compris, un gâteau au prou???) et qu’elle rétorque « Acapulco ? » Il répond « Acapulco, aussi oui », histoire de la ridiculiser encore plus et enchaîne sur la présentation de Bidois mais se fait couper par Bazzichi qui lui dit qu’elle a jamais bu la boisson, il comprend pas
le rapport et lui dit «Ah t’as jamais bu, d’accords t’as raison […] mais t’inquiètes pas on a pas de mini-bar ici, on a pas l’oseille pour, t’inquiètes pas ». En fait l’Acapulco d’après wikipédia est aussi « un cocktail à base de tequila, de Rhum, de jus d’ananas et de jus de pamplemousse. », mais ça Ducon le savait pas alors il s’est dit la trisomique raconte n’importe quoi donc je vais faire une blague et on oublie tout. Il continu sur la présentation de Bidois (bon on passera sur Croizon et sa blague) et des autres. Il a dit les incapacités (handicaps) de tous le mondes sauf celle de Bazzini, Pourquoi ? C’est une honte d’être une personne ayant la trisomie 21 ?

1er partie
Croizon se s’auto-dénigre dés le début c’est génial, il se compare à un « poulet prêt-à-cuire ». Hanouna continuera son infantilisation vis-à-vis de Bazzini tout au long de l’émission, il la fait de réagir, elle répond de façon normal mais lui dit « calmes-toi un peu quand même » pourquoi ? Place au jeux. Chaque bonne réponse vaut 100eu à partager entre les différentes assos. Le témoignage de Sotto qui dit à propos de cette émission « le handicap va être banalisé, parce qu’on va pas regarder des handicapés, on va se marrer, s’agacer, s’amuser avec des gens qui sont en plateau… » mouais suis pas sûr que maintenant, après l’émission, le capacitisme sera aboli ni que la société se soumet à nos incapacités ni qu’on arrêtera de nous infantiliser, par contre Hanouna se fera une bonne réputation et beaucoup de biffe. Hanouna trouve affreux les méthodes de personnes ayant des incapacités, oui, c’est affreux mais Coco tu devrais la fermer car dans ton équipe t’as aucune personne ayant des incapacités mais tu me diras si t’en avais, tu ne pourras plus faire d’émission “spécial handicap” donc pas de record d’audience.

2e partie
On continue avec les tops/flops de la semaine en résumé le reportage d’Envoyé Spécial sur les militaires c’est bien (le problème selon Delamorte c’est qu’on montre une fille de 6ans dire que les soldat de daesh sont gentils. C’est une ENFANT qui a grandi avec eux), on voit un extrait de l’émission C’est Mon Choix où une meuf dit qu’elle n’aime pas les homme de petite taille et fait réagir 2 autres meufs qui lui disent qu’elles vaut pas mieux. Retour sur le plateau, Meskine pense que c’est honteux car elle dit ouverture qu’elle veut pas être avec des petit homme. Et là notre clown de service, Monsieur Cloizon lui répond «wé bah t’as remarqué, y’a que les petite qui se sont énervées » (ptain mais ta gueule) Jean-Pierre Pernaut et ses commentaires réacs c’est bien aussi, (bienvenue à Baufland), on a un début de critique anticapacitiste de l’émission “Marié au premier regard” (signalons l’imitation de Bazzini par Hanouna qui est inutile) mais qui se transforme vite en glorification du mariage. Dernier flop, trois extrait l’émission “La France à un incroyable talent”, le troisième extrait c’est des danseurs dont un en fauteuil, pareil début de critique sur le regard empathique vis-à-vis de nos performances qu’on juge comme courageuses mais aucun rebondissement dessous.
Et là, c’est le quart d’heure sans filtre. Yeeesss on va enfin avoir droit à des réflexions politiques, en plus ce soir le sujet du débat c’est : “La place des handicapés dans les médias”, on va débattre entre personnes concernées. Ah non, excusez c’est trop sérieux pour nous donc on invite Adrien Taquet, un député de LREM, capablé évidemment. Et vas-y que j’te serve ma soupe politicarde, c’est normal d’être là, etc. Il se dit pas grand-chose, ça répète ce qu’on depuis un bail et le député conjugue le verbe faire au futur.
Par contre, les chroniqueur-ses prennent la parole d’elles-même/d’eux-même, on voit bien qu’on avait besoin d’un député pour faire de la politique.

TPMP Off, le débrief
Après le blind test, Hanouna demande aux autres, si elles et ils ont kiffé. Bon évidemment tous le monde dit oui, et il fait le mec qui n’aime pas les compliments. Puis on a eu le message de Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, en bref elle dit qu’elle préfère les “handicapés” «positifs, dynamiques » qu’ils ne se plaignent pas, qu’ils réussissent… Surtout pas de militant-es quoi ! Merci Madame Cluzel mais malheureusement, nous militant-es anticapacitistes radicales, on est borné-es, on veut pas s’intégrer ni s’inclure dans votre société capacitiste, on veut juste la détruire.

Libérons les camarades militants Imazighen d’Algérie

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Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet. Un travail de plus de 2 mois de militants qui ont sollicité des personnalités, artistes et militants de tout bord. Le seul remerciement que l’on attend de vous chers fans et amis est de le partager au maximum sur les réseaux sociaux et avec vos proches dans le but de sensibiliser l’opinion internationale sur les injustices commises par le pouvoir algérien et le non respect des droits et des libertés fondamentales envers des kabyles et des amazighs en général.
Les admins de la page
D.M et N.T

"TILELLI I IMEHVAS" (LIBERTÉ POUR LES DETENUS)

CLIP OFFICIEL POUR LA LIBÉRATION DES DÉTENUS AMAZIGHS "TILELLI I IMEHVAS" Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet. Un travail de plus de 2 mois de militants qui ont sollicité des personnalités, artistes et militants de tout bord. Le seul remerciement que l'on attend de vous chers fans et amis est de le partager au maximum sur les réseaux sociaux et avec vos proches dans le but de sensibiliser l'opinion internationale sur les injustices commises par le pouvoir algérien et le non respect des droits et des libertés fondamentales envers des kabyles et des amazighs en général.Les admins de la pageD.M et N.T

Publié par Cliptilelliimehvas2017 sur samedi 11 février 2017

Merci aux artistes engagé-es pour la libération des camarades.

FEU AUX PRISONS!

Nos quartiers révoltés

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Nos quartier révoltés

Ils nous veulent pacifiques et dociles,
Pas bouger d’un cil,
Même leur laisser nos domiciles.
Nous sommes qu’à dénigrer,
Né-e ici mais pas intégré-e…
Ils savent pas qu’on va les désintégrer.

Viols, meurtres, contrôles au faciès,
La justice leur fait des gentillesses,
Les soutiens en liesse
Des médias et politiques.
Avoir des chiens, c’est pratique,
Mais regardez, déjà ça panique.

Nos quartiers se révoltent
Avec des cris ou des Colt
Face aux poulets désinvoltes.
Trop de vies brisées,
Notre quotidien grisé,
Malgré tout, jamais épuisé-es.

Petit message à nos chèr-es traîtres,
Le quartier sait où vous êtes allez paître,
Vous aurez le même sort que vos maîtres.
On veut pas de chèques ni de postes
Mais on fait pas du militantisme low-cost.
Chaque violence policière, sa riposte.

83, 2005, la victoire approche,
On aiguise les broches.
Aujourd’hui Gavroche
S’appelle Mohamed.
Vers une Révolution made
In quartiers, seul remède.

Med’H, 2017

Je souhaite

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         Je souhaite

Je souhaite qu’on déclare une grève
Générale afin que le vieux monde crève.
Des ZADs partout, le pouvoir nulle part,
Aux frontières, détruisons les remparts !

La suprématie blanche ébranlée,
Les bourgeois étranglés.
Le capacitisme déconstruit,
La lutte donne fruits.

Demandes aux zoulous
Ce qu’ils pensent de Gandhi.
Il pleure avec le berger et mange avec les loups.
Pauvre devant les exploité-es, devant l’Angleterre, dandy.

Je souhaite me reposer la tête sur tes genoux
Ta main dans mes veuch. Remplacer “je” par “nous”.
Ne penser qu’à toi, oublier tout le reste,
Vivre de tes paroles et de geste.

M’éloigner de Panam et des bobos,
M’évader avec toi à la Rimbaud.
L’avenir, je les paumé
Car de la Terre, j’en suis damné.

Que tu sois ma protectrice,
De ma vie, la navigatrice.
Tisser notre existence,
Vivre en résistances.

Je souhaite courage et dignité
Au prolétariat ! Liberté
Aux camarades en zonpri !
La vengeance aura un prix.

Que tout le monde lisent
Quartier Libre, toi même tu sais.
Que les prol’ viennent s’faire les vocalises
Aux matchs du Ménilmontant F.C.

De l’amour à la famille et aux ami-es,
Meursri, Mika, Alexia, Odilon, Rémi…
Kevin on t’oublie pas, reste en paix !
A tou-te-s force et respect !

Med’H, 2017

Repenser l’anticapacitisme

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REUTERS/David Mercado Bolivie: manifestation marathon - 27/02/2012 Des centaines de personnes ayant une (ou des) incapacité(s) sont arrivés à La Paz, siège du gouvernement bolivien, jeudi 23 février après avoir parcouru 1600 km pendant plus de cent jours. Elle réclament au gouvernement bolivien une pension de 3000 bolivianos (434 $) pour chaque personne ayant une (ou des) incapacité(s
REUTERS/David Mercado
Bolivie: manifestation marathon – 27/02/2012
Des centaines de militant-es anticapacitistes sont arrivés à La Paz, siège du gouvernement bolivien, jeudi 23 février après avoir parcouru 1600 km pendant plus de cent jours. Elle réclament au gouvernement bolivien une pension de 3000 bolivianos (434 $) pour chaque personne ayant une (ou des) incapacité(s

Azul,

Pour la nomenklatura capitalisme, je suis une personne handicapée. Alors d’après le dictionnaire de monsieur Littré, une personne c’est : “Un homme ou une femme.” Jusqu’à là rien de surprenant, le plus intéressant c’est la définition que donne Littré du mot “Handicap”. En effet, d’après notre ami Émile, le handicap c’est : Un “[genre] de courses dont la distance et les poids ne sont indiqués qu’après l’engagement. […]”  JE SUIS UNE PERSONNE EN COURSE! Plus sérieusement, je comprends pas ce mot, nous devrons plutôt dire : Personne handicapante car oui les infimes et les folles/fous handicapent la société compétitive, NOUS somme un handicap pour le Capital et le capacitisme est un sous-système de discrimination à l’encontre des personnes ayant une ou des incapacités (ce que la novlangue nomme “Personnes ayant un handicap, Personnes Handicapées, Handicapés, Personne à Mobilité Réduite…”). Le capacitisme est une progéniture du système capitalisme, comme le l’hétérocispatriarcat, la suprématie blanche, l’agisme,… La société capitaliste nous nomme “handicapé-es” ou autres dérivés, c’est-à-dire perçu-e comme un obstacle dans cette société compétitive et surproductive. Donc avec des camarades anticapacitiste, on pense que se dire “personne ayant une (ou des) incapacité(s)” est mieux car 1) il y a un empowement des infimes et des fous-folles 2) et ça permet de repenser l’anticapacitisme, de se l’approprier individuellement puis collectivement. On pourrait aussi renommer notre exploit-eur-rice, oppresseur-es sociale potentiel-le car le nommer “valide” c’est accepter de nous définir “invalide” que je trouve réducteur, c’est soit un soldat incapable de continuer le service militaire ou un papier administratif non conforme aux lois donc en partant du mot “capable” on pourrait juste ajouter le suffixe -é ou -ée pour construire le nom commun : capablé-e. Un-e capablé-e est une personne sans incapacités physiques ou/et mentales.

On veut donner de l’autonomie à “l’handicapé-es” mais juste le minimum. Sérieusement qui peut vivre avec 804 € et des poussières (Allocation Adulte Handicapé) par mois ? C’est même pas le SMIC ! Le plus drôle c’est quand une personne ayant une (ou des) incapacité(s) plus ou moins grande(s) demande à vivre en logement (seul-e avec des aidant-es), l’assistante sociale de la MDPH te dit : On comprend bien mais on a peur que vous n’ayez plus de vie sociale… WTF, si je demande à vivre en appart’ c’est que j’ai envie d’un peu de solitude mais même c’est illogique, si un-e capablé-e demande à vivre seul-e, au pire on lui dire de bien réfléchir mais on va pas lui dire d’aller je sais pas où pour “apprendre à vivre seul-e” ou d’attendre 23ans (non, moi non plus, pas compris pourquoi 23ans mais l’A.S m’a sorti ça). Il y a une déresponsabilisation des personnes ayant des incapacités, quand je sors dans la rue et que je me pose près d’un banc, plusieurs personnes viennent et me demandent si j’ai besoin dire, encore ça, ça va, mais d’autres personnes demandent aux gen-te-s à côté de moi si je suis seul, pourquoi ne pas venir me voir ? (Des situations similaires me sont arrivées dans les milieux militants). Une fois, on a voulu boire une bière entre pote, rien d’extraordinaire en somme, oui mais on est 3 personnes en fauteuil donc pour ce barman, il nous fallait un “accompagnateur” car c’est la loi, comme on est très curieux, on voulait voir les textes, apparemment ils sont ” trop grands” (?)… Je tiens à préciser qu’à aucun moment, il nous a demandé nos cartes d’identités, son refus est dû uniquement à des préjugés sur des personne ayant une (ou des) incapacité(s). La déresponsabilisation des personne ayant une (ou des) incapacité(s) c’est aussi juridique quand la CAF ou la banque entre autre te “conseille fortement” de prendre une curatelle ou une tutelle; nous mettre sous l’autorité d’un-e capablé-es pour notre bien apparemment, ouais mais non merci, je préfère galérer et gérer ma vie tout seul…

Nous devons nous réapproprier la lutte anticapacitiste, la repenser en terme d’intersectionnalité, une personne ayant des incapacités issue du prolétariat vit moins bien qu’une personne ayant une (ou des) incapacité(s) issue de la bourgeoisie. Le capacitisme s’ajoute au classisme, au racisme, aux LGBTIQphobie, au sexisme, à l’âgisme, à l’antisémitisme, à l’islamophobie… Ne nous nous disions pas apolitique, prenons position, ce que les organisations anticapacitistes mainstream ne font pas (d’ailleurs font pas grand chose), nous devons nous constituer en collectifs autonomes, partager nos expériences, organiser des actions de blocus,… Nous devons faire une analyse complète et critique des MDPH, réfléchir à des nouvelles structures émancipatrices autogérée par des personnes ayant une (ou des) incapacité(s), dans les structures d’hébergement ou d’accueil du jour, nous devons participer activement à la gestion du lieu, au recrutement de personnel, nous devons remettre en cause les règlements intérieurs et reprendre nos lieux de vie en main.

Je vous laisse avec une vidéo du Collectif de Lutte Anticapacitistes qui explique avec humour le capacitisme et un texte en vers sur l’anticapacitisme radical

Anticapacitisme radical

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

J’emmerde ta pitié, non tu me verras jamais au téléthon.
Puis les dons, j’en ai jamais vu la couleur, laisses béton.
Tou-tes les infimes ne sont pas intouchables,
Mais tou-tes les capablé-es sont coupables
De capacitisme, la société est dirigée
Par eux et pour eux. Mais tout ça va voltiger.

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

Pour mieux fliquer les étudiant-es, on peut
Toujours taper dans la caisse d’insertion
des «personnes handicapées». Discours sirupeux
Mais la réalité est à l’opposé. L’humiliation
Au quotidien, l’importance de l’accessibilité
Toujours minimiser. Politique de l’irréalité.

Je rêve de HP brûlés, de MDPH saccagées,
Aucune alternative, riposte militante
Comme solution à une gestion irritante,
Je rêve de l’État acculé et de l’APF dégagée
De nos luttes. Pour un anticapacitisme radical
Contre les préjugés à l’odeur fécale.

Je veux pas m’adapter à la société
Mais adapter la société à notre incapacité.
Pourquoi voulez-vous que je marche ?
Chaque capacitiste, sa démarche ;
Pitié religieuse ou indifférence,
Tou-tes prisonni-er-èrs de l’ignorance.

Med’H