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C’est la période des fêtes, malheureusement

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“Bonne fêtes de fin d’année”, c’est ce que cette putain d’illumination, installée là, sur la façade du Monop’ d’en face, clignote nuit et jour. Avec cette merde et le froid, je dors moins qu’avant, c’est-à-dire, pas du tout, depuis un ou deux mois mais à force on s’habitue. Chaque année, c’est comme ça. Heureusement que j’ai l’alcool pour me réchauffer, de la heinken, souvent, bah ouais, faut bien acheter à bouffer même si la vodka est mieux pour me niquer.

Tu sais, parfois je me dis que peut-être j’aurais voulu être à la place de tous ces gens qui se sont fait tuer par ces fous de Dieu, au moins personne m’aura pleuré ou regretté. Je suis encore en vie par simple lâcheté, j’ai pas le courage de passer à l’acte, c’est tout.

Regarde, ce type en costard pleins de sacs “Grand’Récrée”, ça fait des années que je le vois, toujours à la même époque, il habite pas ici évidemment. Un jour, il l’a laissé tomber, un ticket de caisse, 250 €, 250 balles de jouets… En passant devant moi, il m’a déposé 50 centimes. Mais tu vois le gaillard là-bas, il s’appelle paprika, surement un surnom, eh bin, lui, il bosse au Carrefour comme homme-de-ménage, presque tous les soirs, il me donne 5 centimes, il me ramène des produits soi-disant périmés et parfois me paye un kebab, mais surtout il me parle, c’est ça qui me retient dans cette chienne de vie, l’humanité en toute humilité.

Revenant à ces illuminations de merde, ça dois coûter la peau de cul, plus que reloger toutes et tous les clodos de France peut-être. Et dire que j’ai fêté la victoire de Hollande en pensant que la gauche avait gagnée, que les pauvres avaient gagnés, je l’ai bien au fond maintenant. J’aurais dû m’en douter, déjà avec Mitterrand… Mais je suis naïf. Je l’ai vu ces chiens de l’État, ces traitres à leur classe, comment ils agressent les migrants, comment ils essayent de casser la solidarité du quartier. Parfois ces chiens viennent, prennent notre misérable cagnotte quotidienne et se cassent, ils nous laissent même pas fumer du chichon parce que apparemment c’est interdit par la loi, oui monsieur, parait que je suis citoyen.

Un jour ou l’autre, ça pétera, le pouvoir sera véritablement aux pauvres, aux exploité-es de toujours et là, ça sera comme une seconde naissance pour toute notre classe. Si je suis encore en vie, je n’hésiterai à pas prendre les armes et à tuer ces criminels à col blanc, ces terroristes démocratiques, ces voleurs immunisés car on a tué ma vie sociale, pire, on ne m’a laissé survivre.

Le MAK : future dictature ?

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Azul,

Par où commencer, c’est tellement mesquin et consternant, un mouvement qui lutte contre une dictature et qui se comporte comme telle, c’est affligeant. Je veux bien sûr parler du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) et plus particulièrement de cet article publié sur Tamurt.info (site partisan du MAK). Cet article nommé par un titre plus qu’annonciateur “Le pouvoir veut créer un mouvement autonomiste kabyle”, déjà ce scénario est quasiment impossible.

Pourquoi un État va-t-il créer un mouvement autonomiste qui ira à l’encontre de la sacro-sainte “unité nationale” ? l’article anticipera un semblant de réponse : “Pour briser la dynamique du Mouvement pour Autodétermination de la Kabylie”, “« Les initiateurs de ce mouvement ont pour mission de couper l’herbe sous les pieds au MAK. Ils ont comme instructions de critiquer avec virulence et de s’opposer à l’actuelle direction du MAK en faisant croire qu’elle est à la solde des puissances étrangères », confie [leur] source.”

Précisons que l’article ne mentionne le nom de mouvement à aucun moment, il est juste dit que ces fondateurs sont des anciens militants du Front des Forces Socialistes, du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, des Arrouch (mouvement citoyen créé suite au Printemps Noir en 2001). A noter parmi les initiateurs un des fondateurs du MAK, en l’occurrence Ahmed Ait Bachir (oublié par le rédacteur… Ou pas).

Ce mouvement s’appelle le Manifeste Kabyle (MK), celui-ci a dés le début a déclaré par l’intermédiaire d’Ahmed Ait Bachir, qu’il ne voulait pas faire de l’ombre au MAK, c’est juste que certaines idées des uns divergent de celles des autres, il lui a proposer même une alliance que ce dernier a refusée.

Le MAK n’est pas encore au pouvoir (contrairement à ce qu’il veut faire croire ou à ce qu’il croit) et ne tolère déjà aucun autre mouvement. Il y a comme un air de “déja vu”… Ah voilà, ça me fait penser au sombre temps du parti unique après l’indépendance de l’Algérie, Je crois que la célèbre locution libertaire a sa place ici : NI DIEU, NI MAITRE !

 

Sources :

TAMURT.INFO
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BERBERE TV

Contre la COP21 : appel international !

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Du 28 Novembre au 12 Décembre, nous nous mobiliserons à Paris contre la COP21. 195 chefs d’État, et un nombre incalculable d’industriels se réuniront pour décider de mesures inutiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En fait, il s’agira de statuer sur la quantité de pollution raisonnable que les industriels pourront rejeter dans l’atmosphère. Les nouveaux quotas de CO2 ne sont qu’un nouveau moyen pour les pays riches de continuer à s’octroyer le droit de polluer impunément.
Nous ne laisserons pas ceux qui sont les seuls responsables du réchauffement climatique et de la marchandisation du vivant tenir leur énième mascarade tranquillement !

La seule solution pour régler ce problème est la fin du système capitaliste et productiviste, pas un sommet dans une zone militarisée.
Que toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système mortifère, d’Europe et du monde, convergent vers Paris contre la COP21 !
De multiples manifestations et des rencontres auront lieu pendant la conférence. Venez avec vos propositions et votre volonté, pour créer ensemble, d’autres formes de vie en commun loin des diktats économiques.

Des lieux d’hébergement et d’accueil seront prévus, ainsi que les
actions suivantes :

  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Diverses journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action.

Assemblée parisienne contre la COP21

COP21@riseup.net
Sur Facebook : Anticop21

Original sur Paris-Luttes.info

Le Noël des exploité-e-s

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Puisque nous devons reconstruire ce Paris populaire, ce Paris de 1848, de 1871 et de 1968, ce Paris des Prolétaires. Celui-ci même que l’État a effacé de l’Histoire, et qu’il veut faire taire à coup de gentrification, modernisation…

Puisque la Place de la République est devenue depuis quelques années la place des luttes de gauche, Cette même Place qui a accueilli «L’esprit Charlie» qui était certes un élan populaire mais que la République Française a transformé en «Union Nationale». cette même République qui fout la merde et bombarde dans le Tiers-Monde mais qui ferme ces frontières aux réfugiés fuyant la guerre et venus se faire exploiter en France. Cette actuelle République se disant jaurèsienne mais qui mange à la table du MEDEF.

Puisque Noël est d’abord une fête païenne célébrant le solstice d’hiver. Parce que nous devons nous défaire du traditionnel repas de la «Sainte Famille», nous devons créer une alternative à la tradition sans sombrer dans l’action humanitaire remplie de pitié et de compassion, où celle-ci se base sur la charité en vers son prochain mais pas sur la solidarité militante pérenne.

Une scène ouverte et une collecte de vêtements sera organisé, si vous souhaitez animer l’événement, si vous êtes intéressé-e-s ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter : ahmed.hammad(at)hotmail.fr.

:

l’appel :

Salut à vous,

Parce que j’aurais rien à foutre à Noël et que les repas de famille, ça m’emmerde. J’appelle les prolos, les anars, les cocos, les femmes, les pédés, les gouines, les trans, les noirs, les arabes, les berbères, les asiat’s, les roms, les hispaniques, les clodos, les infirmes, les paumés, les punks, les drogués, les putes, les cocus, les orphelins, les alcoolos, les étrangers, les sans-papiers, les réfugiés, les apatrides, les anciens taulards (bien que j’aimerais bien que ceux de maintenant nous rejoignent aussi), les zadistes, les artistes, les poètes, les chômeurs, les smicards, les étudiants, le MFC1871, les espérantistes, les esprits des communard-e-s à nous rejoindre fêter le Noël des exploité-e-s le 24 et le 25 décembre 2015 vers 18h, Place de l’arrêt publique (république) à Paris.

Troubadour amoureux et engagé

PS : Faites gaffe aux flics !

SUR FACEBOOK

excusez-moi, j’avoue : Je suis l’auteur de L’insurrection qui vient

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Azul,

Cher-ère-s camarades, l’heure est à l’auto-dénonciation (dénoncez-vous!) donc parce que j’ai loupé MAI68, je vous avoue que :

Je suis l’auteur de L’insurrection qui vient

Le parquet du tribunal de grande instance de Paris vient de demander le renvoi en correctionnelle de huit personnes, dont trois pour actes de terrorisme, dans l’affaire dite « de Tarnac ». Une affaire lancée voilà sept ans par une opération à grand spectacle qui avait vu les forces de l’ordre cagoulées se déployer autour d’une « épicerie tapie dans l’ombre ». La défense pugnace des mis en cause et quelques enquêtes sérieuses ont permis depuis longtemps à tout un chacun de comprendre qu’il s’agissait d’une opération de communication du pouvoir sarkoziste de l’époque. Une opération que, par esprit de corps, la police et la magistrature, avec l’appui du personnel politique au pouvoir aujourd’hui, n’ont pas voulu démentir. Et quel pouvoir peut-il, de nos jours, se passer de l’antiterrorisme, ne fût-ce que pour remonter brièvement dans les sondages ?

Dans le récent réquisitoire, un acte de sabotage présumé, qui ne pouvait en aucun cas entraîner de dégâts humains, qualifié d’ordinaire comme « acte de malveillance » est devenu un acte cherchant à imposer une idéologie « par l’intimidation et la terreur ». Pour effectuer cette transmutation, le parquet s’appuie sur un livre : L’insurrection qui vient, ouvrage dont, tout en reconnaissant qu’il est le fruit d’un travail collectif, l’accusation décide arbitrairement que Julien Coupat est « la plume principale ». Et cela, contre les déclarations réitérées de l’intéressé. L’enjeu, pour les magistrats, est de créer une figure de chef, tant il leur est difficile d’imaginer une pratique politique qui s’en passerait.

Que des juges s’attribuent ainsi la compétence d’entrer dans le délicat travail de l’écriture ne peut laisser indifférent ni un auteur ni un lecteur de livres. Cela laisse d’autant moins indifférent quand on considère que l’intimidation des populations est la politique réellement poursuivie par tous ceux qui pratiquent le chantage au chômage pour imposer la paix sociale, et que la dénonciation de la « terreur » cache de plus en plus mal les pratiques proprement terrifiantes des forces armées « démocratiques » dans nombre de théâtres d’opérations extérieurs.

L’insurrection qui vient est avant tout un ouvrage, discutable et discuté, critiquant la société capitaliste. La liberté d’expression ne saurait se limiter au « droit au blasphème » : qu’un livre politique devienne la pièce centrale d’un procès où de lourdes peines de prison sont encourues, prouve de manière irréfutable qu’il s’agit bien d’un procès politique.

Nous avons le droit de dire qu’il faut transformer le monde. Nous avons également le droit de dire que, comme souvent par le passé, à l’instar de ce que rappelle l’Histoire, cela ne se fera probablement pas dans le strict respect de ses lois et règlements. Traiter en « terroriste » ce qui a trait à la révolution, ou du moins à sa possibilité, est de très mauvais augure. D’ailleurs, cela n’a pas porté chance à un Ben Ali ou un Moubarak.

L’insurrection qui vient est une expression parmi bien d’autres d’un courant de critique de la civilisation capitaliste. Si ses positions sont discutables, c’est toujours du point de vue de cette entreprise multiforme de critique du vieux monde dans laquelle je me reconnais et qui n’appartient à personne.

C’est pourquoi il me semble important de passer enfin aux aveux : le véritable auteur de L’Insurrection qui vient, c’est moi.

Premiers signataires :

Miguel BENASAYAG, philosophe, écrivain, psychanalyste
Jean-Claude BESSON-GIRARD, peintre, écrivain, fondateur d’Entropia
Jean-Christophe BROCHIER, éditeur
Jean-Pierre BOUYXOU, journaliste, écrivain, réalisateur
François CUSSET, historien, écrivain
Alessandro DI GIUSEPPE, militant antipub, comédien
Valerio EVANGELISTI, écrivain

Olivier FAVIER, traducteur, photographe, blogueur
Noël GODIN, entarteur, écrivain, acteur
Gunter GORHAN, philosophe, juriste
Dominique GRANGE, chanteuse
Thierry GUILABERT, écrivain, chroniqueur Le Monde Libertaire
Eric JOUSSE, Netoyens
Alain JUGNON, philosophe, écrivain
Stathis KOUVELAKIS, philosophe, comité central de Syriza
Bernard LANGLOIS, journaliste, fondateur de Politis
Michel LEPESANT, philosophe, Mouvement des objecteurs de croissance
Jérôme LEROY, écrivain
Maximilien LUTAUD, potier
Stéphane MERCURIO, cinéaste
Fabienne MESSICA, consultante, sociologue
Jean-Henri MEUNIER, réalisateur
Gérard MORDILLAT, romancier, cinéaste
Flavien MOREAU, dessinateur, journal satirique Zélium
Frédéric NEYRAT, philosophe
Yves PAGÈS, écrivain, éditeur
Christiane PASSEVANT, journaliste, Radio Libertaire
Didier PORTE, journaliste, chroniqueur, humoriste
Serge QUADRUPPANI, écrivain, éditeur, chroniqueur
Jean-Marc RAYNAUD, écrivain, fondateur des Editions Libertaires

Jean-Jacques REBOUX, écrivain et éditeur
Camille ROBERT, réalisatrice
Denis ROBERT, journaliste, réalisateur
Jean-Jacques RUE, journaliste, cinémas Utopia
SINÉ, dessinateur, fondateur de Siné Mensuel
Maud SINET, journaliste, correctrice
Yannis STEFANIS, revue Apatris Héraklion
TARDI, dessinateur
Grigoris TSILIMANTOS, free social space Mikropolis, AK
Samuel WAHL, journaliste, revue Cassandre/Horschamp
Dror WARSCHAWSKI, chroniqueur, chercheur au CNRS
Yannis YOULOUNTAS, philosophe, écrivain, réalisateur

Propositions pour la Kabylie

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Azul,

J’aimerais partager avec vous, quelque idée et proposition sur la Kabylie. Cette région d’Algérie était complètement autonome avant et pendant la colonisation française grâce à une organisation confédérale et tribale. Peu à peu, cette organisation a perdu son poids à cause de l’administration coloniale puis l’administration gouvernementale algérienne. Mais quelque bribe de l’ancienne organisation subsiste, comme “Tajmaεt” les comités de villages, qui se sont reconsolidés lors du Printemps Noir, de 2001 à 2003.

C’est dans cette période également qui est né le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK). Après que le Front des Forces Socialistes (FFS) ait proposé un projet d’un système fédéraliste et que le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) propose, lui, un système de régionalisation, le MAK revendique l’autonomie ou l’autodétermination de la Kabylie.

En soi, après 39 ans (maintenant 53 ans) d’indépendance de l’Algérie, ce pays où on est né-e-s et où on s’est battu, ce pays ne reconnait ni notre langue (le Tamazight et l’Arabe algérien) ni notre culture donc nous ne reconnait pas et après ces évènements où 126 jeunes ont perdu la vie, l’autonomie (ou autodétermination) est plus que jamais légitimité. Le problème avec le MAK c’est qu’il a basculé vers une sorte d’extrémisme kabyle et de xénophobie à l’égard des “Arabes” ou du moins des arabophones jusqu’au point de côtoyer la droite française et israélienne. Cet extrémisme que je condamne, peut s’expliquer. En effet, celui-ci est dû à l’oppression du peuple nord-africain, en particulier des berbérophones et des minorités non-musulmanes (Chrétienne, agnostique et athée), par ces régimes dictatoriaux arabo-islamistes.

Un autre problème c’est que le MAK n’est plus démocrate, il a créé un gouvernement qui ne représente que ses militants qu’eux-même n’ont pas élu, il n’est pas implanté partout en Kabylie. Le MAK est dans sa bulle, c’est peut-être à cause de ça qu’il est même pas connu dans certaine commune, exemple mes connaissances d’Azazga non-politisées ne le connaissent pas. Je critique que le MAK car le FFS et le RCD ne sont plus en opposition réelle au pourvoir algérien, l’un s’allie avec les partis au pourvoir, l’autre avec les islamistes.

Je disais que la Kabylie avait sa propre organisation sociale*, il faut juste l’améliorer, notamment abolir le patriarcat, les femmes doivent se constituer en comité, en suite la mettre à l’épreuve, le plus rapidement et naturellement possible, là l’autonomie viendra d’elle-même. Nous n’avons aucunement besoin d’un État ou gouvernement Kabyle, nous avons un système de démocratie directe qu’il faut, certes réformer, révolutionner mais surtout maintenir. L’autogestion est la démocratie, prenons exemple sur le Chiapas. La démocratie représentative n’est et ne sera jamais égalitaire.
Aucune révolution pérenne n’est pacifique, la violence militante est un outil contre la violence policière et étatique, il faut commencer par bloquer les bâtiments nationaux (Mairie, daïra, …) se rassembler en assemblée générale puis s’occuper des besoins vitaux (nourriture, logements, scolarité…) et créer une solidarité soudée.

Afus deg fus!

 

 

*Lire Y.ALLIOUI, Les archs, tribus berbères de Kabylie – Histoire, résistance, culture et démocratie
Editions L’Harmattan – Collection « Présence berbère »

Lycéen-ne-s, étudiant-e-s, travailleur-se-s combattons la loi macron !

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Le 10 décembre 2014, Emmanuel Macron, ministre de l’économie a proposé au conseil des ministres le projet de loi pour la croissance et l’activité : la loi macron. Le texte comportant 106 articles est une preuve de plus que le parti socialiste n’est qu’un rouage dans la machine capitaliste et libérale. Semblant s’inspirer de la devise de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus. » le gouvernement a mis en vigueur une loi permettant d’accroitre les heures de travail, tout en exploitant toujours plus les salarié-e-s. Ainsi, le patronat voit ses droits augmenter, tout en détruisant les faibles acquis sociaux encore existant.

Quels sont les principaux changements avec cette loi ?

• Le gouvernement semble vendre le travail du dimanche sur la base du volontariat, mais nous savons que l’élargissement des zones touristiques, internationales, commerciales ne permettrons pas aux salarié-e-s de choisir sous le joug des patron-ne-s. Les entreprises de tailles moyennes ne seront plus obligées d’augmenter les salaires lorsqu’une personne travaillera le dimanche.

• Les délits patronaux ne seront plus réprimés devant la justice, mais se régleront par des amendes, ce qui permettra aux patron-ne-s de commettre plus d’infractions, tant que les billets suivront. Les travailleur-ses au black et les sans-papiers ne pourront donc plus se défendre, si un patron décide de ne plus les payer ou de les faire travailler plus de 35 heures par semaine.

• Tout accord entre l’employé et l’employeur primera sur les droits du travail, permettant au patronat de fixer les règles et de faire travailler n’importe qui plus de 35 heures par semaine, de nuit et pour un salaire ridicule. « Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord »

• Au nom d’une « mise en situation en milieu professionnel » les personnes ayant un handicap pourront être appelées par le patronat, sans obligation de les rémunérer et de les embaucher par la suite, ce qui remplacera l’obligation d’embaucher un certains nombres d’handicapé-e-s.

En quoi la jeunesse va-t-elle être confrontée à cette loi ?

Les jeunes étudiant-e-s sont environ 40% à travailler, en rajoutant ceux qui sont en alternances les chiffres grimpent à 50% et si l’on compte les emplois d’été ont atteint les 70%. Ces emplois sont pour la majorité des contrats précaires, c’est-à-dire que nous serons les premières personnes touchées, avec les femmes et les sans-papiers. Il y a urgence à se mobiliser si nous ne voulons plus que nos existences se limitent à réveil, travail, dodo et que notre futur se cantonne à survivre, plutôt qu’à vivre des moments d’épanouissements personnels s’extirpant de cette logique marchande, qui réduit le plaisir au fait de consommer.

Nous appelons la jeunesse à se mobiliser au côté des travailleur-se-s, chômeur-se-s et précaires le 9 avril. Bloquons les usines, les routes, les lycées, les facultés pour bloquer l’économie et exiger le retrait de cette loi rétrograde ! Rendez-vous à 11h nation à Nation le 9 avril.

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/tract1.pdf

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/tract2.pdf

https://miliparis.files.wordpress.com/2015/03/lycc3a9en.pdf

C’est quand qu’on va où ?

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Azul à vous !

Je pense que tout est possible quand on le veut. C’est pourquoi, depuis quelques années, je voudrais partir en voyage freestyle, c’est-à-dire en car ou en camion adapté pour fauteuil électrique (je cherche un grand véhicule à adapté). Je me dis pourquoi attendre (d’ailleurs je ne sais pas quoi attendre), on a tendance à ne pas réaliser nos rêves ou à les reporter à l’infinie donc à jamais.

Je cherche des gens assez fous/folles, peut-être des vagabonds passant par là ou des troubadours passant par-ci mais surtout des personnes impudiques car il faudra m’aider à m’habiller, me faire manger, m’emmener aux toilettes… Ne vous inquiétez pas, je suis pas en mousse, vous me ferez jamais mal.
On partira à plusieurs, minimum cinq pour aller où on veut, (waouw!!!) enfin je voulais passer par les squats et les ZADs car ça sera un voyage pour s’éloigner un peu de cette société capitaliste et individualiste (on utilisera un minimum l’argent) et découvrir des alternatives mais surtout faire des rencontres et espérons donner des idées aux autres.

Si vous êtes intéressé-e-s ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter : ahmed.hammad(at)hotmail.fr.

Merci!

A.HAMMAD

 

« Changer les intellectuels….tchi tchi tchi zonqa »

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Le risque quand on prend la parole publique c’est le retour de bâton, les critiques quand ce n’est pas les menaces. Kamel Daoud le sait, et depuis de longues années il l’assume. Tout à son honneur. Surtout quand les critiques viennent de ceux et celles directement visées. Nous pensons à toute les chroniques « Raïna Raïkoum » décapitant avec verve et éclats les Saïd Bouteflika, Khelil et la clique des corrompus du pouvoir postcolonial algérien. Ses chroniques tiennent la tête hors de l’eau depuis des années. Lues et relues parce que les métaphores touchent juste, piquent exactement là où il faut : au coeur de l’absurde algérien et du « grossier » à identitifer comme le dit l’auteur.

Mais voilà, il a suffit d’une seule phrase pour tout faire retomber, comme une trahison:

« Moi je ne pense pas qu’il faille changer de régime, je pense qu’il faut changer le peuple »

Juste que là le ton cinglant du chroniqueur portait quelque chose poussant vers l’avant, amenant un brin d’optimisme au centre de la description d’une réalité sombre, la même qui pousse les enfants du peuple à tirer un trait sur un avenir en Algérie. Le “dégoutage” n’a pas attendu les études académiques ou les constats intellectuels pour s’exprimer par la parole crue ou par l’action qu’elle soit celle de la révolte violente ou de l’exil par tous les moyens. Le ton de “Raïna Raïkoum” apparaissait justement en miroir de ce constat populaire des plus tangibles : vous nous avez trahis, vous avez créé les conditions de notre misère sociale et économique : ne vous étonnez pas du résultat et de l’antagonisme que vous recevez en échange qu’il trouve son expression dans le zetal, la hoggra, le refus de l’école, la violence…

Mais voilà cette phrase lancée en milieu d’interview fait changer de camp. Le Raïna devient un Raïyi et c’est bien ce qui nous attriste le plus, nous lecteurs et lectrices assidu.e.s des chroniques. D’où venait-elle cette assiduité à décrire le quotidien du vide et du sur-place ?

« Le pays on ne sait pas quoi en faire sauf le mâcher et le recracher…Nous l’avons arraché à la France et maintenant on ne sait pas en quelle terre le planter » (KD)
« Un million de logements, deux millions de coups de pieds / terre mal partagée entre les chaussures et les palais / Bouteflika est assis sur un baril et nous sommes assis sur des trottoirs / Continuer à construire des trottoirs inter wilayas n’est pas un destin mais de l’ameublement / le peuple des Algériens en est arrivé à se passer des Algériens » (KD)
« Pays décolonisé par les armes et recolonisé par la fainéantise et la dépendance alimentaire » (KD)

On se pose la question, d’où vient-il ce sens des métaphores, du sens des images, de la description sarcastique et tellement vraie ?

Sans hésitation, depuis des années, Nous y lisions nous justement un sens populaire capable de l’autodérision la plus féroce car toujours liée de près ou de loin à une lucidité sur les conditions politiques et matérielles de l’Algérie post-coloniale volée. Plus que cela cette sensibilité du réel était toujours rappelée avec la facette qui est toujours sous-estimée dans les discours dominants: celle de la part bien active de ces jeunes qui ont hérité d’une Algérie gaspillée sans n’avoir rien demandé à personne et sans en avoir jamais profité : celle du sacrifice politique de sauter de son enfance pour passer de l’autre côté, de faire le choix d’aller se faire prendre pour de la merde en Europe : faire un trait sur les amitiés de quartier, les amours d’enfance, la langue vivante pour aller se débrouiller en France pour exister ; pour reprendre la main sur une existence volée au bled. Il y avait toujours dans les chroniques cette double facette reconnaissant enfin aux jeunes Algérien.e..s le mérite d’être ceux et celles prenant en main leur vie.

Mais voilà cette phrase nous fait changer d’avis. Ou plutôt elle te fait changer de camp. Parce que, nous enfants du peuple, ce qu’on y entend dans cette phrase, malgré tout le bon sens qu’y s’y cache, c’est un constat d’en haut, celui d’un intellectuel filmé en France, dans une langue étrangère pour dire finalement ce que le pouvoir ne cesse de dire : la faute ultime est celle du peuple. Se légitimer ne servirait à rien, tu connais le poids des expressions et de leur réception.

Ce qu’on y entend, dans cette phrase, retourne l’équilibre précaire qui faisait la beauté de tes chroniques : ce constat critique qui l’inscrit dans la réalité de ceux et celles qui la vivent. Parce que au final le constat du peuple coupable, fainéant, insupportable n’est qu’un cd rayé qui passe en boucle quel que soit ceux qui veulent conserver le pouvoir. La vérité est que cette phrase ne fait même pas mal, elle déçoit comme lorsqu’on perd un allié.

On a beau retourner dans tous les sens le sens profond de l’infime distinction entre « changer de peuple » et « changer le peuple »… ce qui nous saute à la figure est la scène qui se rejoue du largage des amarres comme si tu en avais marre d’être de ce peuple : te voilà au dessus, au milieu des livres et de la parole maîtrisée et nous restons en bas : parmi ceux et celle qui n’ont rien compris malgré la parole intellectuelle et les chroniques et qui ressert au final la même rengaine : pour rester les deux pieds dans la misère sociale il faut l’avoir bien cherché.

Qu’on ne nous fasse pas la morale sur le besoin d’une parole savante, maitrisée, capable de décrire la réalité et de s’en emparer. Nous en sommes plus que conscients. Nous pensons juste que encore une fois le pouvoir rattrape et transforme ce qui vient du peuple jusqu’à rendre toute tentative réfléchie d’intellectualiser la vie complice du discours dominant. On entend bien que « changer le peuple » peut vouloir dire : éducation, savoir, logement pour tous et toutes. Ils résonnent au fond de nous les mots d’ordre : brûler l’école de l’État algérien pour en faire une école algérienne, en langue algérienne et Tamazight. Mais une chose nous échappe : pourquoi se rendre complice des discours dominants rejetant la faute sur l’inaction du peuple ? Hormis le fait d’avoir changé de camp ou d’avoir des choses à perdre nous ne trouvons pas d’explication.

En effet, où se loge la véritable fainéantise si ce n’est justement parmi toutes les classes d’intellectuels reposés d’avoir un poste moyen pour vivre assez confortablement en rédigeant quelques articles, parmi les nouvelles classes d’investisseurs et de nouveaux riches ?Où est elle la langue algérienne qui fait vivre ce pays si ce n’est dans la rue ? En tout cas une chose est sûre : on ne nous fera pas dire qu’elle survie grâce au texte en français ou dans el khabar.

Ce qui nous effraie le plus, c’est que cette phrase reflète encore un abandon de plus, celui d’une figure sociale véritable victime de l’apathie du pouvoir algérien ; une personne qui parle en son nom, seule, désespérément seule. Il ne s’agit pas de populisme ou de démagogie mais de se rendre bien compte que l’Algérie qui vit n’est pas celle des 15% capables de lire des chroniques en français, mais bien celle de la grande majorité, du peuple.

Et s’il s’agit de parler de changement autant le faire en s’attelant aux tâches qui changeront les conditions pour la grande majorité, et non pas pour quelques minorités. Parler de changement revient à parler d’action politique. Reste à définir ce qu’on entend par action politique. Lorsqu’un peuple entier se fout d’une élection présidentielle, nous n’arrivons pas à comprendre en quoi peut on l’accuser d’immobilisme et de je-m’en-foutisme car nous situons l’action politique ailleurs : là où elle se joue au quotidien : dans la gestion de la misère, des rapports entre hommes et femmes dans les familles, dans le soutien de famille des grand-frères en exil squattant et travaillant dans les banlieues de France, dans la gestion psychologique de la décennie noire avec les moyens du bord, dans la débrouille pour exister par l’art et la culture.

Et à ce niveau de réflexion, pardon si l’on se trompe, mais à part le peuple, qui s’attelle à la tâche et le vit directement ?

C’est toujours la même rengaine : qui se prend de plein fouet les conséquences des décisions politiques et de ceux et celles qui en profitent si ce n’est le peuple ? Parlons de changement franchement : le vrai travail commence par nous mêmes et par se demander ce que nous avons à perdre ? Le vrai problème immobilisant tout et déprimant les gens a bien plus à voir avec une société de privilèges que d’une prétendue dichotomie entre peuple actif et peuple inculte. Ce n’est qu’à partir de là qu’on peut juger des prises de position.

Le choix de changement est en fonction de qui est en position plus favorable pour être actif: apprendre le français, voyager, réaliser sa liberté de circulation, son choix de vivre hors du cadre familial. Alors, et seulement alors, on se demande comment aller faire la leçon aux mères algériennes d’Hassi Bounif en leur disant de changer en tant qu’homme pouvant s’exprimer face à un micro en France?

Ce qu’il faut changer, ce sont les conditions qui amènent l’inculture, les réflexes de passager clandestin et de repli sur soi et non pas le peuple. La métaphore demeure comme dans tes chroniques. Si l’on est capable de se créer dans l’écriture « le lieu où l’on se sent en vacances » comme l’auteur le dit si bien dans la même interview, les appels à changer le peuple ne sont que mépris. Nous ne connaissons personne qui cracherait sur des vacances. Par contre nous pouvons citer beaucoup d’exemples de positions sociales qui font que certain.e.s sont bien plus en vacances pendant que d’autres triment et ne sont donc pas en position d’écrire un roman. Le moindre des respects est de ne pas rappeler à quel point nous en profitons pour nous mettre en position de supériorité intellectuelle et symbolique.

Par contre, la meilleure des choses à faire si l’on veut changer les choses est d’accepter que le sacrifice n’est pas le même pour tous et toutes. Si le nôtre n’est que de choisir son camp, alors estimons nous heureux et mettons l’énergie intellectuelle dont nous avons profité au profit de la grande majorité, celle d’où nous venons. Faisons en sorte que ces lieux de vacances réels ou symboliques soient garantis à toutes et tous. Le peuple algérien ne doit pas changer, il doit exister, et « exister c’est exister politiquement ». Le problème des constats se faisant dans une langue coupée du peuple et dans des positions privilégiées est ce qui empêche de se rendre compte que le quotidien des gens est une négociation perpétuelle pour créer les conditions de ces existences politiques. Alors oui elles ne se feront peut-être pas toutes dans les mêmes termes. La prochaine étape sera de nous entendre pour les définir. La seule façon est de s’organiser avec le peuple . Replonger là d’où on vient, comme le dit El Hass « la matlaqinach fi zonqa ntlaqou fi dounia okhra ». Et surtout, laissons les critiques du peuple se faire là où elles se sont le mieux : dans la rue. L’autocritique vaut toujours mieux.

« tchi tchi tchi zonqa ». Si ça effraie c’est que le camp était déjà choisi…

En guise de conclusion. Tout y est.

Youssef EL DJAZAIRI